De la survie à la vie

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Nouveau ! Je  raconte des histoires directement dans ton oreille.

Quand l’homme que j’aimais est mort, je me suis mise à attendre.

Elle est étrange, cette sensation d’immobilisme qui nous saisit quand le monde tel qu’on le connaissait disparaît dans un nuage de fumée. Un immobilisme nécessaire, sans doute. Le temps d’absorber le choc.

Le temps que la poussière retombe.

J’en retrouve encore parfois dans mes cheveux, de cette poussière. Comme si je ne m’en débarrasserai jamais totalement. (Je ne m’en débarrasserai probablement jamais totalement.)

« Attendre quoi ? » me demanderas-tu.

Excellente question, je te remercie de l’avoir posée.

En fait, je ne pense pas l’avoir su jusqu’à ce que ça arrive.

Dans le même temps, je disais parfois aux gens « j’ai hâte d’arriver de l’autre côté », sans pouvoir mieux expliquer ce que je voulais dire, ce que j’attendais.

Au moins une fois, on a pris cet autre côté pour la mort. Comme si j’allais me suicider. Et peut-être que par moment, j’ai pu me dire que ce serait reposant d’être morte, mais je n’ai jamais eu envie de mourir.

Donc, clairement, non, ce n’était pas ça.

C’est bizarre, aussi, ce côté immobilisme, attente, couplé avec ce mouvement d’arriver de l’autre côté.

Je ne m’explique pas tout. Pas encore. Peut-être un jour. Peut-être jamais. Peu importe.

Je me souviens parfaitement du moment où j’y suis arrivée. Moi qui ne savais même pas ce que j’attendais, qui ne savais pas où je voulais aller, d’un coup, j’ai pris conscience que j’y étais. Je me suis retournée, j’ai contemplé tout le chemin que j’avais parcouru, et d’un coup, d’un seul, j’ai vu que j’y étais, enfin. Là où j’attendais d’arriver. De l’autre côté.

De l’autre côté de la souffrance.

De l’autre côté de la peur.

De l’autre côté, c’est là où je me suis (re)trouvée, je crois. Où je n’étais plus une inconnue, une étrangère avec qui je cheminais, mais juste moi, avec mon vécu, mes souffrances, mes peines, mes peurs, qui faisaient partie de moi, mais qui n’étais pas moi, qui n’étaient pas qui j’étais.

C’est le moment, aussi, où je suis sortie de la survie pour entrer dans la vie. Où j’ai pu arrêter de me débattre pour trouver de l’air, pour seulement respirer, et enfin commencer à profiter de ce grand truc dégueulasse et incroyable qu’est la vie.

Tu conviendras que résumer ça pour répondre à « tu attends quoi ? » ou « de l’autre côté de quoi ? », ce n’est pas évident. Il m’a fallu près d’un an après mon arrivée pour le mettre en mots, d’ailleurs.

Avec le recul, ce que j’attendais, c’était de revenir à moi.

Et du coup, c’est un peu ce que je veux faire avec Revenir à soi, c’est un peu ça sa mission. Ramener les gens vers eux, certes, mais pourquoi ? Eh bien, pour qu’ils quittent la survie pour la vie.

C’est ce que je veux pour toi qui lis ces mots. Ce que je te souhaite, c’est que tu arrêtes de survivre, et que tu commences à vivre.

La vie avec ses emmerdes, certes, avec ses douleurs, re-certes, la vie qui fait peur, c’est une évidence, la vie qui n’est pas juste, pas toujours, mais aussi avec ce qui te fait te sentir… eh bien, vivante.

Quand tu quittes la survie pour la vie, oui, c’est vrai, il y a des moments où tu douilles. Mais le kif, à côté, il est à la hauteur.

Tu commences à kiffer ta vie, et tu oses des trucs, et il se passe des trucs, il se passe enfin des trucs, parfois cool, parfois moins, mais tu peux les ressentir pleinement, et quand tu vas te coucher le soir, et juste avant de fermer les yeux pour la dernière fois, tu peux te dire « putain, ça valait le coup, tout ça. »

C’est ça que j’ai envie de faire avec Revenir à soi, et avec ma vie en général. Te dire que oui, parfois, quand tu décides de vivre ta vie en grand au lieu de te contenter de survivre, tu vas te prendre des murs, tu vas avoir mal, mais au moins, tu n’auras pas vécu une demi-vie, et tu n’auras rien à regretter.

Il n’y a rien de pire que les regrets.

Je n’ai pas envie que quand tu seras vieille et toute blindée d’arthrose, ou si tout doit s’arrêter demain, tu te dises que quand même, c’est dommage de t’être contentée de ce job pas terrible, de cette relation pas très épanouissante, ou que tu n’aies pas eu un autre enfant parce que la conjoncture économique était mauvaise, ou que tu n’aies jamais écrit ce bouquin, ou peint ce tableau, ou appris la guitare, ou fait le tour du monde, parce que même si tu en crevais envie, ça te faisait trop peur.

Je veux que quand tout sera fini, tu puisses te dire : « Déjà ? C’est trop tôt, c’est forcément trop tôt… Mais putain, j’ai vraiment vécu, et ça en valait la peine. »

Photo Arto Marttinen via Unsplash

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