écrire ça libère

Écrire, ça libère !

Pendant un moment, en ce début d’année, j’ai boudé l’écriture spontanée.

Bon, j’écris mes billets de manière relativement spontanée. Mais ce n’est pas de ça que je parle.

Non, ce que j’ai soigneusement évité de faire, ce sont mes pages du matin. J’en ai déjà parlé ici : trois pages d’écriture spontanée au réveil, tout ce qui nous passe par la tête avant, justement, que la tête se mette en marche.

Écrire spontanément à la main, surtout de bon matin quand on a encore les yeux tout collés et la tête pas encore vraiment réveillée, c’est le meilleur moyen, pour moi en tout cas, de recontacter cette partie de nous qu’on muselle dans la journée, quand notre tête commence à nous dire ce qu’on doit penser.

Celle qui exprime qui on est au plus profond de nous.

Nos peurs et nos chagrins tellement profonds qu’on n’a pas envie de les voir. Trop douloureux.

Ou au contraire, nos idées les plus fantaisistes, les plus farfelues… les plus créatives.

C’est l’espace idéal pour redécouvrir le pire et le meilleur en nous.

Je le disais il y a 15 jours, j’ai récemment accepté de m’avouer une peur qui me faisait horreur. Tellement horreur que, de manière inconsciente puis de plus en plus consciente, je me suis levée trop tard pour pouvoir faire mes pages. « J’ai besoin de dormir, je ne serai bonne à rien si je manque de sommeil. » La bonne excuse.

Et puis, dans la journée, je n’avais pas le temps, bien sûr. Trop de trucs à faire. Plein de trucs à créer. C’était super pratique, quand même.

J’évitais de plus en plus. Je me sentais de moins en moins bien, de façon insidieuse. Mon corps m’envoyait des signaux que je faisais de mon mieux pour ignorer. J’avais de plus en plus de mal à créer.

J’ai fini par céder après un gros rappel à l’ordre de mon corps. Le stade ultime ! Quand c’est le corps qui vient nous dire quelque chose, il est vraiment temps d’accepter, d’écouter. (Le stade suivant, c’est l’accident, la tuile, le gros pépin qui nous obligent, enfin, à nous occuper du problème.)

Ça a été douloureux. Les « j’ai besoin de sommeil » se faisaient vraiment geignards.

Mais j’avais aussi accepté que ce ne serait vraiment douloureux que pendant quelques jours.

Pendant une bonne semaine, ma peur m’a raconté tout ce qu’elle avait besoin de lâcher. Elle a monopolisé la page. Je reprenais même le stylo dans la journée.

Je l’ai écoutée. J’ai pris les mesures nécessaires pour l’aider. Tout n’est pas réglé, j’ai attendu trop longtemps pour cela, et elle n’était que la partie émergée de l’iceberg, mais on cohabite en bonne intelligence.

Et quand elle a eu fini de me raconter tout ce qu’elle avait à me dire, il y a eu à nouveau la place pour tout le reste. Tout ce sur quoi je coinçais, tout ce que j’avais du mal à créer… tout se dénouait, les idées coulaient, les solutions se trouvaient toutes seules. En ce moment, j’accomplis le gros de ma journée de travail avant 7 heures. Après, je n’ai plus qu’à exécuter.

Tout ça parce que mon habitude, que je sais pourtant bénéfique, qui, je le sais, améliore ma vie, m’amenait vers quelque chose de sombre et d’inconfortable.

C’est tellement facile d’éviter ce qui est inconfortable.

Et tellement destructeur.

Quand on commence à écrire, surtout à la main, on ne peut pas le faire à moitié. On est obligé d’y être à 100 %. Et si on veut continuer à écrire, on est obligé d’écouter ce qu’il y a en nous.

Je crois que tout au long de l’année écoulée, j’ai beaucoup plus amené en thérapie de ce que j’écrivais le matin que l’inverse. Écrire me permettait de découvrir les écueils, ce qui était douloureux. J’en parlais à ma thérapeute. On s’en occupait. J’avançais.

Jusqu’à ce que finalement, je puisse me débrouiller toute seule ou presque, que je n’aie plus besoin qu’elle me serve de béquille. Un grand moment.

C’est en m’appuyant sur ce constat, et surtout l’efficacité fulgurante de la formule, que j’ai créé Libération par l’écriture.

Libération par l’écriture, c’est le coaching de mots et de bonnes ondes par courrier postal qui dénoue les nœuds qu’on a dans la tête.

Parce que quand on écrit à la main comme ça, c’est comme si le cœur et les mots étaient reliés directement. Rien ne s’interpose entre les sentiments et leur expression : il n’y a pas d’écran, on n’a pas non plus l’impression que la personne en face va nous juger, ou alors, le sentiment est dilué, ça semble moins grave. Ensuite, on l’envoie dans la nature, ça ne nous appartient plus. On l’envoie physiquement loin de nous.

Ça oblige aussi à prendre un temps pour se poser au calme avec ce qui nous empoisonne, pour nous permettre d’évacuer ce poison.

C’est nous face à nous-même.

On envoie loin de nous tous ces sentiments qui nous intoxiquent. Parfois, on va beaucoup pleurer en l’écrivant. Surtout, ça va nous aider à comprendre quels sont vraiment nos problèmes, et peut-être même que rien qu’en les écrivant, on va commencer à trouver des solutions.

D’ailleurs, j’aimerais vous lancer un défi : prévoyez 20 à 30 minutes (dès aujourd’hui, vous n’avez même pas besoin d’attendre demain matin), du papier et un stylo. Commencez à écrire tout ce qui vous passe par la tête. Ne levez le stylo qu’au bout de trois pages. Si vous ne savez pas quoi écrire, écrivez « je ne sais pas quoi écrire » jusqu’à ce que vous sachiez à nouveau. (Ça revient toujours.)

Alors, qu’est-ce que cela vous a révélé de vous ? Comment vous sentez-vous après cela ?

Si vous avez envie de poursuivre l’expérience, c’est ici que tout se passe.

 

Crédit photo : Green Chameleon via Unsplash

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