J’ai descendu dans mon jardin

Je suis certes une aventurière de canapé, mais c’est mon premier printemps avec un jardin depuis mon adolescence. Alors, ça va peut-être changer cette année. Non, peut-être pas, d’ailleurs. J’en suis quasiment certaine.

Oh, ce n’est pas (encore) le plus beau des jardins, le jardinet de la Villa Carambar. Il a souffert de l’hiver, et d’avoir servi de dépotoir pendant la partie casse de mes travaux. Je ne suis pas sûre qu’un de mes arbustes s’en sorte. Tant pis. Ainsi va la vie.

La semaine dernière, quand est venu le moment de me remettre au travail un après-midi, j’ai commencé par des gestes inconnus : j’ai pris un râteau, j’ai fait un tas de feuilles mortes, j’ai bravé ma citadine attitude pour en attraper à pleines poignées à main nue, et j’ai rempli le sac de déchets végétaux. Les feuilles mortes ne se ramassent pas toujours à la pelle, et j’ai souri en voyant mon jardin perdre sa mornitude. (Oui oui, mornitude.)

J’ai sorti la petite table de jardin un peu fatiguée que m’ont laissée les anciens propriétaires, une chaise pliante, mes fidèles carnets et stylos, un verre de grenadine, et mes lunettes de soleil. Ma voisine jouait du violon. J’ai écrit, et les mots ont coulé tous seuls. Mon chat, qui n’avait jamais connu que des appartements, explorait à petits pas prudents, venant me miauler ses observations de temps en temps. L’air était doux. C’était trois fois rien, mais c’était un moment parfait.

Avant qu’on ne vive pour de bon dans cette maison, mon fils et moi venions souvent profiter du jardin après l’école. Et pendant qu’il découvrait sa nouvelle maternelle, je profitais des derniers beaux jours, promenant carnets et ordinateur partout avec moi.

J’ai grandi à la campagne, dans un bled qui s’appelait Quévreville-la-Poterie. Rien que le nom fleure bon le grand air, non ? Le matin, si nous partions trop tard pour l’école, nous nous retrouvions coincés derrière le troupeau de vaches. Ça a fait de moi la citadine endurcie que je suis, fleur de bitume dans l’âme. S’il n’y a pas une FNAC et un cinéma à côté, même pas la peine.

Alors, c’est une étrange redécouverte, ce jardin de poche. C’est comme tirer le meilleur des deux mondes.

Je découvre que je n’ai pas besoin d’être à des kilomètres de tout pour profiter des bienfaits de la nature. Ce n’est pas le fin fond des Alpes, hein, entendons-nous bien. Mais finalement, j’aime mieux. Ça m’impressionne moins, je me sens plus rassurée. Je sais, ce n’est pas bien vu, mais c’est comme ça. C’est moi, et c’est très bien.

Et finalement, ça ne m’empêche pas de refaire le plein. Bientôt, il fera assez doux pour sortir pieds nus. J’enfoncerai mes orteils entre les brins d’herbe, taquinant la terre. Y’a pas mieux pour se calmer, fuir le stress, et retrouver sa sérénité.

1 réponse
  1. L'Autre-Magda
    L'Autre-Magda dit :

    « . Ça a fait de moi la citadine endurcie que je suis, fleur de bitume dans l’âme. S’il n’y a pas une FNAC et un cinéma à côté, même pas la peine. » ha ha ha j’adoooore ! Et moi 10 ans en campagne , là et ça y est je n’en peux plus !! J’ai apprécié un temps mais le temps..;est passé !! je veux retourner en ville !! ^^

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.