On ne sait pas à l’avance ce qu’il y a de l’autre côté de la souffrance. On ne sait pas à l’avance qui on sera de l’autre côté de la souffrance.

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Bien sûr, tu as peur que ton cœur finisse brisé.

Mais que ta peur ne t’empêche pas de vivre pleinement.

C’est bien naturel de vouloir te protéger. C’est l’instinct de conservation.

Tu enveloppes ton cœur de coton, de plastique-bulles, d’une grande cage, d’une panic room blindée d’acier trempé. Comme ça, tu ne risques pas de souffrir, ça, c’est sûr.

Comme ça, tu te contentes du minimum. Tu ne vas pas chercher trop loin. Tu ne cherches pas grand-chose. Tu te contentes de ce que tu as sans même te demander si l’herbe est plus verte ailleurs.

Tu ne fais pas grand-chose. Plus grand-chose.

Ce n’est même pas que tu n’oses pas. C’est que ce dont tu pourrais rêver te semble tellement étranger. Tellement lointain. À des milliers d’années-lumière. Alors, tu ne vas pas le chercher.

Oh, c’est sûr, comme ça, tu n’auras pas le cœur brisé.

Ton cœur n’explosera pas non plus de joie. Il ne goûtera pas sur tes lèvres la sueur qui a coulé quand tu t’es dépassée. Ni la saveur de ses baisers. Tu ne chanteras pas à tue-tête, tu ne danseras pas, seule dans ta cuisine, avec ceux que tu aimes, ou avec tous ces inconnus avec qui tu communies l’espace de quelques heures.

Tu ne sauras pas jusqu’où tu peux aller. Tu n’auras même pas idée des exaltantes terres inconnues que tu pourrais explorer. Tu n’auras même pas idée de comme tu pourrais t’y sentir à ta place. Chez toi.

Ton cœur est bien à l’abri, dans du coton, dans du plastique-bulles, dans sa cage, dans sa panic room.

Tu connais pourtant la peur, la tristesse, la souffrance.

Celles de ne pas y aller.

Celles de ne pas te permettre de vivre.

Ce goût de trop peu.

Parfois, on sait quelle sera l’issue, et on a beau savoir que cette issue nous apportera de la souffrance, on y va quand même. Pour tout ce qu’il y aura sur le chemin. Pour tout le beau, tout le bon qu’il y aura aussi.

Je vais te confier un secret. Un secret que tu connais déjà, mais que tu n’oses peut-être pas t’avouer. Secret de Polichinelle.

L’issue est la même pour nous tous.

L’Issue, I majuscule, devrais-je dire. Toi, et moi, et tous ceux qu’on aime. On finira tous par bouffer des pissenlits par la racine. Et quel que soit l’âge auquel ça arrivera, ce sera toujours trop tôt.

Et ça te semblera encore plus tôt, plus trop tôt, si j’ose dire, si toute ta vie, tu as gardé ton cœur dans du coton, dans du plastique-bulle, dans une cage, dans une panic room.

Parfois, tu sais que ce qui consume ton cœur te brûlera les ailes, mais tu y vas quand même, car brûlé pour brûlé, autant y aller. De toute façon, tu auras besoin de cicatriser. Autant que tu te sentes vivante entre-temps.

Parfois, tu sais que ton cœur finira en miettes, mais il y a trop d’amour dedans pour que ça t’arrête.

On ne sait pas à l’avance ce qu’il y a de l’autre côté de la souffrance.

On ne sait pas à l’avance qui on sera de l’autre côté de la souffrance.

Je n’aurais jamais imaginé qui je suis aujourd’hui.

Aujourd’hui encore, je garde une partie de mon cœur bien à l’abri dans du coton, mais je ne veux plus que ça m’arrête. Il y a trop d’amour dedans pour que ça reste à l’intérieur et ne s’échappe que par des petites fuites que je m’empresse de colmater avec des rustines.

Je n’aurais jamais imaginé qui je suis aujourd’hui, mais je n’imagine pas non plus qui je serai demain, dans un an, dans dix ans.

Et je ne veux pas que cette Eva ait de limites. Je ne veux pas que la peur, la peur de souffrir, me garde prisonnière dans mon cœur, dans du coton, dans du plastique-bulle, dans une cage, dans une panic room.

Je sais que mon cœur s’est déjà brisé, et qu’il s’est réinventé plutôt que reconstruit. On ne sait pas ce qu’il y a de l’autre côté de la souffrance, parce qu’on ne peut pas l’imaginer. On est trop limités. Terra incognita.

Tout ce que je sais, c’est que de l’autre côté de la souffrance, on n’a plus rien à perdre. Parce qu’on s’est déjà dépouillé de tout.

Mon vœu pour cette année, c’est de porter mon cœur sur ma manche, comme disent les Anglo-saxons. Ou mieux encore, de le mettre à nu, comme disait le poète.

Oui, bien sûr, il risque de souffrir, mais parfois, c’est ça qu’il lui faut. Il risque de souffrir, mais il n’y a que comme ça qu’il connaîtra la joie la plus pure. L’abandon le plus total.

C’est ça, aimer.

Et, quelle que soit la souffrance, aimer en vaudra toujours la peine.

Eva

Tu aimes écrire ? Ou tu as envie d’écrire ? Ça tombe bien, moi aussi ! Écrire, ça libère, et ça transforme. C’est pour ça que j’ai créé les Missives, un accompagnement par courrier postal plein de love et de bonnes ondes !

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