Je rêve donc je vis

Ma révolution douce se poursuit.

Pas si douce, en fait. J’abats cloisons et croyances à la masse. Je soulève poussière et gravats, j’envoie de grands coups de pieds dedans. Il n’y a pas si longtemps, j’aurais été bouleversée et je serais vite retournée dans ma coquille. Mais pas cette fois. J’ai attrapé le bout du fil, je n’ai plus qu’à le dérouler. Je vois bien que tout le reste, ce n’est que de la poudre que je m’envoie aux yeux. Ça me fait peur, et en même temps, c’est bien. C’est signe que c’est important. Signe aussi, je crois, que je suis sur la bonne voie. Et si c’était simplement ça ?

Je garde mes distances avec l’effervescence. Je boude les réseaux sociaux. Je suis mieux dans ma bulle (encore plus que d’habitude, je sais, c’est impressionnant). Je préfère rêvasser plutôt que m’introspecter, même si, quand j’y pense un peu, mes rêveries sont une forme d’introspection aussi.

Je rêvasse à comme j’aimerais voir le monde. Je voudrais que les gens s’aiment davantage. Entre eux, et eux-mêmes. Qu’ils soient doux avec eux-mêmes, plus indulgents, plus bienveillants. Comme ils sont avec les gens qu’ils aiment.

C’est tellement dur de s’aimer soi-même dans notre société. On est tellement bombardés dans tous les sens de « il faut ». Et puis on a tellement été éduqués à la notion de sacrifice. Faire passer les autres avant soi-même, leur bien-être avant le nôtre. On n’a pas été éduqués non plus à nous écouter nous-mêmes. Nos envies (en vie), nos désirs. Nos intuitions aussi.

Résultat, nous sommes des guerriers.

On part à la bataille jour après jour, à la poursuite du bonheur. Sauf qu’on ne sait pas vraiment à quoi il ressemble, notre bonheur. Parce qu’on en a tous notre définition, mais on ne la connaît pas toujours très bien.

C’est tellement facile de se laisser entraîner dans les moules tous faits, les « 10 choses que les gens heureux font chaque jour ». Encore faudrait-il savoir si cela correspond à nos idéaux.

Et de se mettre une pression pas possible parce qu’on en est tellement loin. Tellement loin de faire « tout ce qu’il faut », tout ce que, sur le papier, il faudrait faire. Tellement de chemin encore à parcourir.

Non, mais au-delà de ça, on voudrait trouver une recette toute faite du bonheur, Job, mariage, 2,1 enfants, un chien, et un pavillon de banlieue payable sur 30 ans. Une fois que j’aurai tout ça, c’est bon, je serai heureuse. Mouais. Moi, ça ne me fait pas rêver.

Comment parcourir le chemin quand on ne connaît pas notre destination ? C’est ça qui est tellement dur aujourd’hui. Avancer le nez dans le guidon, en direction d’on ne sait où, parce qu’il faut bien avancer.

Et être heureux, absolument. Avec nos what mille amis sur Facebook et les photos parfaites de notre vie parfaite sur Instagram. En se flagellant parce qu’on est tellement loin du compte.

Je ne sais pas encore quelle est la vie de mes rêves. Je sais que je n’y suis pas encore. Je ne respecte pas encore tous mes idéaux au pied de la lettre. (En ai-je envie, d’ailleurs ? Laissons de la place aux dérapages, un peu de souplesse et de bienveillance, ça fait du bien !)

J’ai des manies que j’aimerais changer parce qu’elles m’horripilent.

Parfois, j’ai des attentes de moi-même totalement irréalistes.

Mais globalement, je me flagelle de moins en moins avec tout ça. Je suis de plus en plus satisfaite de qui je suis et où je suis, ou en tous cas, en paix avec tout cela. Je mesure le chemin que j’ai parcouru. Je ne sais pas exactement où je veux aller, mais je vois la direction globale. (Eh ouais, je ne vais pas partir dans le sud au prétexte qu’il faut rêver sa vie en sea, sex and sun, alors que je n’aime pas la chaleur !)

J’affine la direction au fur et à mesure que j’avance. J’invente le chemin en avançant. En vie, en écoutant mes envies. Qui ne sont pas forcément comprises par les autres.

Mais vous savez quoi ? Ce n’est pas grave s’ils ne comprennent pas. Parce que moi, je n’ai jamais été autant en paix avec moi-même.

 

Photo : Dyaa Eldin via Unsplash

 

 

4 réponses
  1. Morgane
    Morgane dit :

    Hello jumelle (ouais paske là je vois que ça), tiens donc comme c’est étrange, idem pour moi. Loin de tout, sauf de moi. Je rêvasse, je glandouille, j’en fous pas une (en fait si, j’ai plein de rv clients ah ah ah) et je n’écris plus grand-chose, mais c’est pas grave. C’est pas le truc du moment. EN ce moment, je me nourris. Je lis, j’écoute beaucoup. Et c’est bien. J’aime tes mots. Bisous

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  2. Marielle
    Marielle dit :

    Oh ma douce comme tu me parles… Dans ma famille on m’appelle la warrior, tu vois comme j’ai besoin de toi et de ta douceur pour déposer l’armure…À te lire je viens de comprendre le fil conducteur de mon projet parallèle… disséminé dans les brouillons de mes futures articles… c’était là, devant moi, et un coup de baguette magique de ma douce Eva et bim bam boum tadam…mon chemin s’illumine… Merci merci ma douce, pour ta douceur, ton coeur ouvert, ta bienveillance… Comme je suis heureuse que tu sois dans ma vie… Et merci pour cette chouette idée d’article qui vient d’en naître je t’embrasse et oui tu le tiens ce bout de fil!!! bon voyage sur le chemin

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