Salut à toi ! Si c’est ta première visite ici, tu voudras sans doute découvrir Revenir à toi – Histoires, rêveries et méditations sur l’amour de soi, mon premier livre. Tu peux même le télécharger gratuitement !

Il y a longtemps que je n’ai pas écrit ici… Et à plus forte raison le genre de billets intimes qui étaient le souffle et l’âme de ce blog.

Attention, ceci est un espace d’expérimentation, il n’y a donc pas de bonne ou de mauvaise publication, même si j’en préfère certaines à d’autres. Mais je crois que ça me manque, ce partage d’âme à âme.

Bien sûr, je m’interroge beaucoup sur ma place dans le monde en ce moment, alors écrire des billets que je qualifierais de « politiques », c’est important pour moi. Surtout qu’en fait de « politique », ils parlent essentiellement de comment je veux être un être humain dans ce monde.

Bien sûr, il y a aussi eu l’écriture et le partage de mon premier livre, Revenir à soi, qui est le prolongement de ce blog dans toute sa dimension intime. La conversation d’âme à âme n’a jamais vraiment cessé.

C’est rigolo, car revenir à soi, c’est ce que j’ai l’impression de faire depuis que je me suis (enfin, diraient certains) lancée dans cette aventure.

Car le voyage ne s’arrêtera sans doute qu’à ma mort. C’est tout un voyage que de se déparer, couche après couche, des artifices dans lesquels on s’est empêtrée et qui nous empêchent de vivre.

Alors qu’avec cette aventure, j’étais occupée à toute autre chose depuis le début de l’été, j’ai l’impression que c’est ce qui s’est passé à mon insu. Écrire ce livre a réveillé quantité de choses en moi.

D’abord, que ça me semblait naturel d’écrire tout cela. Après l’avoir tellement cherchée, après avoir tellement cherché à la forcer, j’étais enfin à ma place. J’ai l’impression d’avoir passé mon été à me lamenter sur je ne sais même plus trop quoi, et à binge-watcher Mad Men. (Bin quoi, je n’ai que 10 ans de retard.) Sauf qu’au bout du compte, ce livre était là. Ce livre qui semble s’être écrit tout seul ou presque.

Ensuite, réaliser ce rêve de gosse m’a poussée dans des retranchements que je n’ai pas voulu voir. Quand enfin je saisissais feutre et carnet, les mots coulaient. Mais le reste du temps, le plus souvent, donc, c’était maux de tête et douleurs du canal carpien. Quand tu ne veux pas voir tes résistances en face, tes résistances viennent te trouver malgré tout !

Et puis, je suis allée à des endroits inattendus. J’ai revisité mon deuil, j’ai revisité le jour où, avec une clarté paradoxalement sans réelle douleur. J’ai vu les choses, presque avec détachement. Je me suis réconciliée avec des choses que je fuyais. Je les ai nommées, j’ai raconté leur histoire, ne m’interrompant que le temps de me morigéner, « hey, c’est pas ça que tu écris, en ce moment. » Bin si, aussi. C’était le moment ou jamais pour ça. Une histoire qui n’avait pas sa place dans mon projet du moment, mais qui était essentielle. D’ailleurs, depuis, les mots qui tournaient dans ma tête comme un refrain mille fois entendu à la radio qui refuserait de m’abandonner ont disparu, enfermés, enfin apaisés, dans un carnet. Peut-être les partagerai-je un jour.

Il y a eu des tsunamis, loin sous la surface, si loin que je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé.

Si Revenir à soi s’est écrit tout seul, j’étais incapable de tenir mon journal, de faire mes chères pages du matin.

Ça me fait ça, parfois. Je sens que je vis de profonds bouleversements, et qu’essayer de poser des mots dessus au lieu de pleinement les vivre, les laisser me traverser, accepter de les ressentir ne ferait que retarder le processus. D’ailleurs, ce moment où j’ai fini par (me) raconter mon histoire est intervenu assez tard, après plusieurs semaines de tourbillon, au moment où je me suis mise à grogner que je n’arrivais pas à finir ce fichu bouquin. Après ça, les deux chapitres manquants sont sortis tous seuls.

C’est cohérent, quand on y pense. Comment vivre pleinement et documenter en même temps ?

Une fois la tempête passée, je ne sais pas vraiment ce qui est arrivé, et au fond, ce n’est pas important de poser les mots dessus.

Un paradoxe bien cocasse pour quelqu’un qui se targue de poser les mots sur l’intime !

Je sais juste que j’ai mué. J’étais occupée à ce moment-là, alors, je ne me suis pas forcément rendu compte de tout, mais je sens, je sais que ça a été radical.

Je sais que je peux retrouver une partie de ce qui s’est passé dans les mots que j’ai fini par poser, mais pour le moment, ça ne m’intéresse pas.

Ça me rappelle le tout de suite après, où j’étais véritablement obsédée par le fait que je ne pleurais pas. J’étais tellement focalisée là-dessus que ça m’a fermée à tout le reste pendant des mois. Ce qui m’a probablement compliqué la tâche et a reculé le moment où j’ai enfin pu me sentir mieux, et qui n’était pas du tout conditionné par les larmes, finalement.

Ça me le rappelle, parce que c’est l’inverse qui s’est produit, là.

On sait-y quand on sait pas, comme dirait mon sage papa.

Quand j’étais focalisée sur des larmes qui ne coulaient pas, c’était comme si je me disais « je dois commencer par ça, et le reste viendra après, et seulement après ». Et bien sûr, le reste qui avait besoin de venir (quoi ? Excellente question) était bloqué au feu rouge.

Là, en prêtant l’oreille au fait qu’il se passait quelque chose, et en le laissant faire au lieu de chercher à le diriger, ça s’est fait, non pas tout seul ou en douceur, mais aussi fluidement que possible.

Voilà ce que je veux te dire : le mieux est l’ennemi du bien.

C’est particulièrement vrai en matière de développement personnel.

C’est rigolo, car au même moment, j’ai pris les coaches en grippe. J’ai mis dans le même sac les gourous qui font plus de mal que de bien, avec leur Vérité Vraie Et Unique, et les vraies bonnes personnes qui te tiennent la main avec bienveillance pendant que tu fais le travail intérieur que toi seule peux faire. Peut-être parce qu’à l’époque, quantité de personnes pourtant bien intentionnées étaient horrifiées que je ne pleure pas, et que ça n’a fait qu’accentuer mon blocage. Moi, j’étais paumée, alors si tout le monde me disait que je devais pleurer…

Il n’y a pas de recette toute faite, seulement la tienne. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de faire, seulement la tienne. Et encore, elle peut évoluer au fil du temps. Ce qui a marché par le passé ne marchera pas forcément cette fois.

Et donc, la bonne manière de faire, toi seule peux la découvrir. Et ce n’est pas forcément ce que tu voudrais qu’elle soit, comme pleurer n’était pas la bonne manière pour moi. Non, c’est ce dont tu as besoin.

Parfois, je fais des visualisations, qui m’amènent des révélations cheloues, et l’un des moyens les plus sûrs pour moi de savoir qu’elles sont justes, c’est quand ça me met en colère parce que je trouve ça nul comme réponse. Après, ce n’est pas parce que je suis contente que ça signifie que c’est faux. Mais si ça m’énerve, ça mérite d’aller voir plus loin. D’ailleurs, souvent, ma colère passée, je vois que c’est parfait.

Ce dont j’ai besoin, pas ce que je veux.

C’est ce que je fais avec mes clientes des Missives. (L’ex Métamorphose par l’écriture, simplifiée et allégée. Ce n’est pas la peine d’en rajouter, comme dirait l’autre.) Je les accompagne en douceur sur leur chemin vers elles, en laissant leurs mots les guider et les libérer. « Je ne sais même pas pourquoi je te raconte ça », me dit-on régulièrement. Moi, je sais. Parce que c’est ce que tu as besoin de dire, de partager, de transformer. (Et comme je suis un aimant à transformation et que ma simple attention apaise, ça pousse à la confidence.) La vie, ce n’est pas si compliqué, en fait

La main de fer dans un gant de velours, je n’y crois pas. Quand tu as envie d’évoluer, de sortir de l’ornière où tu te sens coincée, de guérir tes blessures, ça ne marche pas. Tu ne peux pas diriger ce que ça te fait, seulement le suivre.

Quand tu commences à écouter ce qui t’habite, ce qui se passe au fond de toi, et seulement à ce moment-là, tu peux commencer à suivre la vague qui va t’amener vers la rive.

Quand tu cesses de te débattre contre tes entraves, tu te familiarises avec elles et tu découvres comment fonctionner avec elles pour t’en libérer (délivrer).

Quand tu t’arrêtes pour regarder l’obscurité en toi, le noir, le sombre, le pas joli, le regarder, juste le regarder, reconnaître son existence, accepter que tu vis avec lui à tes côtés, au lieu de chercher coûte que coûte à t’en défaire… alors, et alors seulement, tu peux ressentir pleinement le beau, l’amour, la joie qui ont toujours été là.

Et ça, tu ne peux pas le forcer.

Seulement le laisser venir à toi.

Eva

Tu aimes écrire ? Ou tu as envie d’écrire ? Ça tombe bien, moi aussi ! Écrire, ça libère, et ça transforme. C’est pour ça que j’ai créé les Missives, un accompagnement par courrier postal plein de love et de bonnes ondes !

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