tâches de fond

Ces tâches de fond qui épuisent vos ressources

La semaine dernière, une alarme s’est mise en route chez mon voisin dans la matinée.

Peut-être juste un réveil. Pas une alarme anti-cambriolage. Bip bip bip. Je ne sais pas, et ça n’a pas vraiment d’importance. Non, ce qui importe, c’est qu’elle s’est mise en route dans la matinée, et qu’elle a bip-bipé jusqu’au soir. Environ huit heures. Une journée complète, quoi.

Ce n’était pas assourdissant. J’ai repéré qu’elle était surtout sonore en haut de mon escalier (oui, j’ai quand même cherché s’il n’y avait pas un curieux objet capable de biper ainsi chez moi), alors je me suis retranchée au rez-de-chaussée, en fermant la porte de l’escalier. Aussi isolée que je pouvais. C’était mieux.

Je l’entendais encore, mais ce n’était pas bien méchant. J’ai mis de la musique, un peu plus fort que d’habitude, et j’ai vaqué à mes occupations. Au programme, entre autres, taper mon billet de la semaine dernière, car ça ne sert pas à grand-chose qu’ils restent enfermés dans mon carnet, et écrire au moins 3 pages de mon roman.

Des activités que j’accompagne volontiers de musique, mais j’ai tendance à baisser le son ou à la couper à un moment ou un autre, parce que ça finit toujours par faire trop de choses en même temps, trop de stimulation. Ou peut-être pour mieux écouter ce qu’il y a dans ma tête. En tout cas, c’est trop.

Machinalement, j’ai coupé le son ou je l’ai baissé. Plusieurs fois. Mais alors, le bip-bip revenait. Je remettais le son, et je retournais à mes mots. Je crois bien qu’à un moment, j’ai tout de même coupé, décidant de faire abstraction du bruit, comme je le fais parfois avec le bruit que peut faire mon fils. Avec un succès mitigé, il y a toujours un moment où le bruit gagne.

Je suis allée le chercher à l’école. Quand on est rentrés, ça bip-bipait toujours. Il a râlé qu’il n’aimait pas ce bruit, et il a entrepris de le couvrir avec ses propres bruits de petit garçon. Efficace, mais toujours bruyant.

À un moment, j’ai cherché si le bruit était toujours là, derrière nos activités. J’avais l’impression que non, mais en même temps, mes oreilles tintaient toujours. Je suis allée vérifier dans l’escalier.

Non, c’était fini. Et j’étais rincée, même si je n’avais pas fait tout ce que j’avais prévu.

Ça fait un peu comme les tâches de fond sur votre ordinateur. Vous trouvez qu’il rame, qu’il est mou du genou. Vous ouvrez le gestionnaire de tâches, et vous voyez que Chrome a ouvert environ 1 000 extensions que vous n’utilisez pas et qui bouffent plein de ressources sans que vous ne vous en rendiez compte.

Dans la vie, c’est pareil. Il y a le stress du boulot, les embouteillages, les questions récurrentes de votre quotidien du genre « qu’est-ce qu’on mange ce soir ? », et puis peut-être que vous vous demandez comment vous allez payer votre prochain tiers, ou peut-être qu’en ce moment ça ne gaze pas avec votre amoureux, ou justement, vous aimeriez bien un amoureux, et puis est-ce que j’ai bien tous les papiers pour inscrire le petit à l’école ? Et la liste continue, toujours plus longue.

On ne se rend pas toujours compte de toutes les tâches de fond qui bouffent nos ressources, jusqu’à ce qu’on commence à en faire la liste. Essayez de noter tous les petits et grands tracas de votre vie, vous allez voir, c’est édifiant. Pas étonnant qu’on se plaigne tous, ou presque, d’être épuisés en permanence.

Je n’ai malheureusement pas de baguette magique à vous proposer. À part peut-être ma préférée, ma réponse à presque tout, de faire une pause. Mais ça ne fait pas vraiment avancer le schmilblick. Ça ne règle pas le problème de fond.

Non, tout ce que je peux vous suggérer, c’est de prendre un peu de temps régulièrement pour vous occuper d’un de ces tracas. Peut-être qu’une soirée papiers, pour réjouissante qu’elle soit,  va vous apporter un peu de légèreté, et vous allez déjà passer une meilleure nuit. Peut-être que le problème est plus profond, et ça prendra du temps et d’autres ressources avant de le résoudre, ou au moins qu’il soit moins lourd à porter. (Pour moi, c’est dormir davantage, et donc me coucher plus tôt, et vous n’imaginez pas, ou plutôt, vous êtes sans doute nombreux à l’imaginer, c’est un vrai casse-tête.)

Mais comme vous aurez pris les choses en main, vous aurez plus de courage et d’énergie, même si ça demande des pauses pour bien mesurer le chemin parcouru et à parcourir. Personne ne vous demande de fermer toutes les applications en même temps. (Vous le faites parfois, vous aussi ? En général, chez moi, ça finit mal, je ferme un truc qu’il ne fallait pas.)

En fait, personne n’attend quoi que ce soit de vous à ce niveau-là. C’est entre vous et vous. Juste une question de bien-être, d’amour de vous. Ça y est, le gros mot est lâché. Faire le premier pas pour fermer les tâches de fond qui vous pourrissent, même si ça passe par quelque chose de désagréable, c’est tout simplement le premier pas pour vous aimer un peu mieux, et vivre un peu mieux.

Et avoir la patate pour ce qui compte vraiment pour vous.

Photo Damir Kotoric via Unsplash.

 

4 réponses
  1. Marielle
    Marielle dit :

    Toujours dans le mille!!! Moi je fais une liste de tous ces tracas…ça me libère et j’élimine un à un…et là méditation m’aide à faire une pause à vide…plus de bruits de fond…je repars légère ! Et le croiras tu, aujourd’hui même en pleine journée quand je sens qu’il y a un truc qui coince…je prends 10 minutes de méditation et hop c’est reparti!

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    • Eva
      Eva dit :

      Comme tu gères !!! Moi, j’ai encore tendance à mouliner un moment quand un truc ne va pas, jusqu’à ce que je me dise « hey, mais tu connais plein de trucs pour pas te sentir comme ça, pourquoi tu ne les utilises pas ??? »

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  2. Laurette
    Laurette dit :

    C’est vrai, c’est important de s’aimer ! C’est dur, mais pas impossible ! Moi, mes bulles d’oxygène, c’est de partir en sortie photo. Là, quand je me prends la tête à essayer de prendre la photo que j’imagine, en pensant aux réglages, à la lumière, au cadrage…. Bin je ne pense pas au reste, et ça fait un bien fou ! Il y a le sport aussi, qui m’aide à sortir les mauvaises énergies de moi. Je rentre souvent claquée, mais lourde et légère à la fois… Un doux paradoxe comme je sais si bien les faire ! Ou les bricolages en tous genres (peinture, dessin, couture, etc.)
    En tout cas, je me rends de plus en plus compte que mon combat, c’est contre le temps que je le joue. J’essaye d’abandonner les diktats liés aux contraintes horaires et aux coups de speed pour savourer de plus en plus chaque instant. Ca fait de moins quelqu’un de moins en moins ponctuel, mais de plus en plus en accord avec moi même, et c’est déjà pas si mal !

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  3. Tamara
    Tamara dit :

    Intéressant!! Moi aussi j’ai des listes interminables que j’avance au fur et à mesure . Les savoir écrites me libère l’esprit – après reste à les éliminer une à une – j’avais tendance à mettre trip de pression là dessus, maintenant je priorise et le reste est fait quand ca peut être fait 🙂

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