Amour

Amour, amour… longtemps je t’ai tourné autour… J’ai été longue à te trouver.

J’ai longtemps cru que tu étais abnégation, mais j’étais dans l’erreur. Amour, je commence juste à te comprendre. Il fallait que je commence par moi, n’est-ce pas ? Quand j’ai commencé à poser des mots sur mes aspirations, tu as été le premier vers qui je me suis tournée. Une évidence… qui ne s’est pas faite dans la sérénité.

J’ai beaucoup appris. J’ai aimé plus fort, de manière plus inconditionnelle. Mais toujours sans m’occuper de m’aimer, moi.

Quand mon monde a explosé et mon cœur s’est brisé, quand tout a perdu son sens, c’est à nouveau vers toi que je me suis tournée. C’était toi qui allais me sauver, pas vrai ?

Oui. Mais aussi et surtout moi. Qu’il a été long, le chemin vers toi et vers moi ! Je ne savais pas m’aimer. Quelle idée incongrue !

D’ailleurs, quand j’ai commencé à comprendre que je devais passer du temps seule, cheminer un temps en solitaire pour apprendre à être avec moi, je t’ai remplacé par bienveillance. Toi, tu étais trop. Je ne pouvais pas. J’avais peur de toi. Sans doute commençais-je à soupçonner qu’il fallait que je commence à m’aimer moi, et cette marche, que dis-je, cette montagne, elle était trop haute à franchir. Il me fallait une étape.

Très bien. Bienveillance it was.

Envers les autres, bien sûr. Et envers moi, je commençais à le comprendre.
Petit pas après petit pas, petit geste après petit geste, morceaux de bravoure après jolis cadeaux que j’avais un mal fou à accepter, j’ai franchi timidement cette première étape. Suffisamment en tous cas pour te redonner ta place.

Bienveillance est redevenue amour.

Ça m’a pris un an.

Mon cœur se recollait. J’aimais plus fort. J’étais plus bienveillante envers moi. Enfin, je croyais. Je l’étais dans les actes, mais pas dans le fond.

Une fée m’engueule. « Tu prends soin de tout le monde, mais tu es triste. T’occupes-tu seulement de toi ? »

Une sorcière observe « je crois que tu devrais être un peu plus gentille avec toi. »

Bin oui, en fait. Je ne m’étais pas rendu compte que je ne m’occupais pas (vraiment) de moi comme je m’occupais de ceux que j’aime, et que je n’étais pas (vraiment) gentille avec moi comme je le suis avec ceux que j’aime.

J’ai pleuré pendant des jours.

J’ai tap tap tapé (merci l’EFT) : « même si je ne m’aime pas, je m’aime et je m’accepte totalement et profondément. » J’ai oublié que la phrase ne tenait pas debout, et j’ai pleuré encore plus fort.

Et je me suis occupée de moi avec la même gentillesse que celle avec laquelle je m’occupe de ceux que j’aime.

Il y a quelques jours, alors que j’étais sous hypnose, mon inconscient grand ouvert, ma psy me dit « imagine quelqu’un qui t’aime inconditionnellement. » Je n’ai pas eu à chercher longtemps : moi.

Et c’est tellement grand, tellement fort ! Ça englobe tous ceux que j’aime, tous ceux que je connais, tous ceux que je ne connais pas encore, toute la Terre et tout l’univers. Et croyez bien que c’est aussi grisant que vertigineux.

Alors, amour, on pourrait croire que c’est fini, que je n’ai plus besoin de toi comme guide.

Mais moi, je sais que toi et moi, on ne fait que commencer. On va (s’)aimer tellement fort !

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  1. […] délicatement parfumés à l’eau de rose avec des vrais morceaux de bisounours dedans. (Là, là, et […]

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