Confiance

Voilà un sentiment que, spontanément, je n’aurais pas été chercher comme guide, là, comme ça.

Confiance, confiance en soi, ce charisme que je voyais, envieuse, exsuder de mes petits camarades d’école de commerce. Eux voyaient le monde offert sur un plateau. Fastoche quand on a confiance. Pouah, très peu pour moi. (Punaise, j’étais cynique et désabusée, à 20 ans !)

Alors, confiance, comment en est-on venus à se trouver, toi et moi ? À faire connaissance, parce qu’avouons-le, nous n’en sommes qu’au début de notre relation.

Je posais des sentiments qui m’appelaient, sans trouver le mot juste. J’ai commencé à leur parler, à leur demander.

Connexion m’a beaucoup guidée cette année (« me reconnecter à moi-même » était l’un de mes grands objectifs), mais elle m’avait fait signe qu’on avait parcouru le chemin qu’on devait faire ensemble. L’idée du lien s’attardait.

J’ai vu qu’intimité et douceur s’étaient installés l’un à côté de l’autre. Ils allaient ensemble.

Ensemble, ils m’ont amenée à surrender. Abandon. Je me suis sentie fermer les yeux dans une étreinte peau contre peau. J’approchais, c’était cette sensation que je cherchais. L’abandon. Mais pas exactement. Il y avait encore un pas à franchir.

Quand peut-on s’abandonner ? Quand on a confiance.

Quand on a toute confiance, on peut fermer les yeux et se laisser aller. Des mains nous rattraperont si on tombe, un pont apparaîtra si on doit marcher dans le vide. Si ça se trouve, il a toujours été là, ce pont.

Quand on a toute confiance, on peut lâcher prise sur toute velléité de contrôle. Et ça, c’est quelque chose qui m’empoisonne la vie, le contrôle permanent et absolu.

Il m’empêche d’écrire.

Il m’empêche d’exprimer mes émotions.

Il m’empêche même de ressentir mes émotions, parce que ça ne se fait pas d’être triste… et puis parce que si je me brise, je ne pourrai jamais me reconstruire à l’identique.

Contrôle, tu m’emmerdes. Et ton pote l’identique, il m’emmerde aussi.

Il m’empêche de m’amuser, de suivre mon intuition, il n’arrête pas de me rappeler à l’ordre, « ça ne se fait pas, personne n’a jamais fait ça, arrête de chanter, tu as mieux à faire. »

Mais je chante, parce que chanter, ça me met en joie. I’ve got thick skin and an elastic heart.

Ah non. Un cœur élastique, très certainement, mais la peau épaisse comme du cuir, non merci, c’est fini.

Moi, j’ai la peau sensible, hyper fragile, qui rougit quand le chat vient tricoter pour me faire un câlin, quand le soleil joue à cache-cache avec les nuages, quand je bois un verre de vin, quand je suis émue, quand je fais l’amour.

J’ai des bleus qui sortent de nulle part.

J’ai des cicatrices qui viennent rappeler que je suis souvent dans les nuages.

J’ai des rayures de tigresse sur tout le corps, souvenir de l’époque où je portais mon fils en moi.

Peau toute tendre, peau fragile, peau sensible, à l’image de mon cœur, tout roudoudou, tout chamallow.

Mais ça, c’est une force.

C’est pour ça qu’elle se hérisse quand j’entends une belle chanson, quand je lis ou j’entends quelque chose qui résonne avec mon cœur, quand je libère un nœud énergétique chez moi ou chez les autres, quand un amant l’effleure.

Je ne veux plus m’enfermer dans une carapace de cuir. Je ne veux plus que la peur de voir ma peau meurtrie l’emporte.

Je veux fermer les yeux, m’abandonner, et laisser ma peau sensible se hérisser.

Parce que j’ai confiance.

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