Couette – mauve – paradis

Ça y est, on l’a perdue ! (Allez, je sais que tu l’as pensé !)

En fait, non. Tout a commencé quand Gabrielle a défié Carine d’écrire un texte avec le mot « couette ». J’ai renchéri avec « mauve ». Puis Marie avec « paradis ». Et comme je ne suis pas du genre à laisser les copines toutes seules dans la panade où je les ai mises, j’ai dit à Carine que si elle le faisait, je le faisais aussi. Et Marie n’a pas voulu être en reste.

Ça tombe bien, c’est un de mes exercices préférés en atelier d’écriture, et parfois, quand je ne sais pas quoi écrire, je me fais une liste de mots… Alors, nous y voilà.

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Quand j’étais petite, je croyais à peu près tout ce qu’on me racontait, du moment que c’était une belle histoire.

Je croyais aux dragons, aux fantômes et aux sirènes. (Ça n’a pas vraiment changé.) Je croyais à Jésus, et à la réincarnation. Mon père m’avait expliqué la différence entre ressusciter et se réincarner, et j’avais tout de suite fait mon choix. Je ne devais même pas avoir 5 ans. Ça non plus, ça n’a pas changé.

Il y a ces photos, dans les albums familiaux. Mon père, d’abord barbu, puis plus barbu, parce que je boudais la barbe (ça, ça a changé), qui raconte. Moi, avec mes couettes rousses, l’air parfois pas loin de m’endormir, mais toujours trop intéressée pour céder à Morphée.

C’est mon père qui m’a donné le goût des histoires.

Après l’histoire du soir, je me faufilais aux toilettes avec un bouquin. Ou je prétendais avoir peur du noir et réclamais la lumière du couloir, à plat ventre devant la porte grande ouverte de ma chambre, avec, je vous le donne dans le mille, un bouquin.

Mes parents n’étaient pas dupes, bien sûr. Je leur suis reconnaissante d’avoir passé outre. Comme je passe outre à mon fils que j’entends inventer des histoires une fois dans sa chambre, et que je retrouve entouré de livres quand je le réveille le matin.

Il y avait le cinéma, aussi. Ma mère m’a dit il n’y a pas longtemps « pour toi, le cinéma a toujours été une expérience religieuse. » Ça non plus, ça n’a pas changé. Les films ont bientôt rejoint les livres.

Ado, c’était combien de films je pourrais regarder en un samedi après-midi. (Au moins 2, souvent 3, 4 si je ne les choisissais pas trop longs et que je gérais bien mon temps.) Le soir, c’était lecture, de toute façon. Ces samedis étaient une enclave, un paradis dans une adolescence forcément tourmentée. (Quelle adolescence ne l’est pas ?)

Je relisais et revoyais beaucoup. Encore quelque chose qui n’a pas changé. Il est des histoires qui vibrent tellement juste, parfois simplement parce qu’elles arrivent pile au bon moment, que les retrouver est comme enfiler un vieux pyjama douillet. Ou une expérience religieuse qu’on renouvelle. Il est temps de communier à nouveau avec cette histoire-là. (Et cette histoire-là ne m’appelle jamais par hasard.)

Elles m’en apprennent un peu plus sur qui je suis, sur comment je fonctionne. Elles m’en apprennent sur le monde. Elles m’aident à décider ce que je trouve juste ou pas, ce qui vaut le coup dans la vie ou pas.

Une bonne histoire vaut toujours le coup.

Et retrouver ces histoires, c’est souvent découvrir un aspect qui m’avait échappé jusque là. Un aspect d’elles, ou un aspect de moi. Parce qu’il ne résonnait pas encore avec moi et ma vie, sans doute. Parce que je n’avais pas encore compris ceci ou cela.

Parfois, c’est en relisant pour une énième fois que je comprends ceci ou cela de ma vie. Parfois, c’est parce que j’ai compris ceci ou cela de ma vie que je comprends enfin ce qui m’avait échappé dans cette histoire jusque là.

C’est plus compliqué aujourd’hui de lire ou de regarder des films toute la journée (mais ça m’arrive, et c’est trop bon !) On est adultes, on a des responsabilités, pas vrai ?

Alors, le soir, c’est sacré. Même mon fils l’a compris, même si parfois ça le fait râler, « tu vas encore regarder un film ? » Je lui réponds « c’est l’heure des adultes, je vais regarder un film pas du tout pour les enfants. » (Parfois, c’est un mensonge, mais je l’assume très bien.) « Bon film », conclut-il néanmoins. « Et bon livre après. » Il me connaît bien, ce petit !

Toutes ces années écoulées depuis ma tendre enfance, et le ciel qui se nimbe de mauve est toujours synonyme de l’histoire du soir…

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Eva, sœurcière accro et pas près de se désintoxiquer

Si tu ne trouves pas le temps pour ce petit truc en plus qui changeait ta vie quand tu étais petit(e) et qui te manque, 7 jours pour mieux t’aimer, le programme gratuit qui remet un peu d’amour dans le quotidien des chouchous sous pression est pour toi !

Et si tu as des histoires qui te tordent un peu la tête et le cœur, une séance de libération par l’écriture te fera sans doute du bien ! Promis, pas de mots farfelus à utiliser. Sauf si tu le demandes !

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