Envole-moi

Photo by Jack Hamilton on Unsplash

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Ce matin, mon chat a attrapé un oiseau. Ses instincts de chasseresse se réveillent en ce moment. Je ne pensais pas qu’elle était capable, physiquement capable, de choper un oiseau comme ça. Moins de 3 secondes du canapé, où elle ronronnait sur mes pieds, à la terrasse, avec un oiseau blessé entre ses pattes.

Je suis sortie après elle, je l’ai attrapée, je l’ai rentrée, et j’ai fermé la porte-fenêtre. Je voulais qu’elle le laisse tranquille. Je le voyais respirer avec difficulté, sa patte qui s’agitait parfois. Les yeux grands ouverts. Je ne savais pas si c’était bon ou mauvais signe, les yeux grands ouverts.

Je n’osais pas le toucher. Parfois, il s’agitait. Je croyais que c’était ses dernières forces. L’énergie du désespoir. Mais non.

Ça a duré toute la matinée. Je ne savais pas quoi faire pour l’aider, le soigner, avec mon chassassin à la maison. Il s’est longuement débattu. Il a réussi à se déplacer sur ma terrasse, il s’est approché de moi. Il a essayé, essayé de se redresser, de se poser sur ses pattes, de s’envoler. Je voyais bien qu’il souffrait, même si je n’arrivais pas à voir si c’était sa patte ou son aile qui avait morflé. Les deux, peut-être. Il a presque réussi à décoller. Il s’est cogné contre ma fenêtre.

À un moment, un autre moineau s’est approché. L’espace d’un battement de cils, je me suis dit qu’il était sauvé, avant de me rappeler que ça ne se passe pas comme ça chez les oiseaux. Qu’est-ce que je croyais, qu’il allait glisser son aile sous la sienne et l’emmener en lieu sûr ? Nope. Il ne pouvait compter que sur lui. (Et mes encouragements, ce qui de toute évidence ne lui faisait pas une belle jambe.)

Et puis, alors que je n’espérais plus, il a réussi à s’envoler, et à se réfugier dans un arbre.

Le plus beau moment de ma journée.

En fait, je me vois dans cette image d’oiseau blessé qui s’envole. Je suis la queen de la métaphore.

Je vois que je peux être victime et me laisser mourir, ou m’envoler comme un oiseau, même si c’est dur, même si je souffre.

Hier, je regardais les oiseaux s’en donner à cœur joie dans mon jardin. La joie à l’état pur. Je ne pouvais pas les ignorer, c’était plein de joie, de mouvement, de pépiements.

Quand celui-là s’est retrouvé blessé sous mon nez, je me suis trouvée bête. Je ne savais pas quoi faire. C’était grave, mais vraiment putain de grave. J’étais triste pour lui, triste qu’il souffre, qu’il soit en détresse, en danger de mort, par la faute de mon chat et donc un peu la mienne.

Je sais, ce n’est qu’un moineau. Mais je me suis promis de ne plus ignorer mes émotions.

Une part de moi se disait que c’était la nature, et que c’était ça, le cycle de la vie. On vit, on meurt, on recommence. Cette part-là se disait que ce n’était pas si grave, qu’il avait vécu sa vie d’oiseau, avec les risques d’une vie d’oiseau. Pépier comme un p’tit fou en voletant partout, ça vaut bien le risque d’un chat, non ?

Une autre part de moi se sentait coupable, et impuissante.

Coupable d’être en vie, coupable d’avoir laissé mon chat l’attaquer, coupable qu’il soit si mal et que je n’ai rien pu faire pour l’empêcher. Coupable de tous les maux du monde.

Impuissante face à sa douleur, à l’instinct de chasseresse de mon fauve miniature, à l’inéluctabilité de la souffrance et de la mort. Rien que ça.

Une petite voix au fond de moi me soufflait de lui laisser reprendre des forces et ses esprits.

Une autre s’égosillait de faire quelque chose, bon sang. De m’agiter. Mais je ne savais pas quoi faire, alors j’ai écouté la première. Et je n’ai rien fait.

Il m’a beaucoup appris, cet oiseau, sur moi et sur la vie.

La vie reprend toujours le dessus, tant qu’il en reste une petite miette.

La vie demande d’avoir confiance.

La vie parfois s’arrête.

Et parfois, on croit qu’elle s’arrête, mais elle reprend le dessus.

La boucle est bouclée.

Et ça, ça me parle. Moi aussi j’ai eu l’impression que ma vie s’était arrêtée. Plusieurs fois, même.

Elle a toujours repris.

Ça n’a jamais été aussi efficace que quand j’ai cessé de me débattre pour suivre le courant.

Parfois, ça demande de se laisser reprendre des forces et ses esprits, comme ce moineau. Ça peut être désespérant tellement ça semble long, tellement ça peut être angoissant d’être uniquement dans l’être et ne rien faire. Parfois, on a l’impression qu’on ne va jamais en sortir, jamais cesser de souffrir. On se débat avec l’énergie du désespoir.

Cet oiseau, j’ai cru plusieurs fois que ça y était, il était mort. Comme j’ai souvent cru que moi aussi j’étais morte en dedans.

Mais non. Mes ailes finissent toujours par me soutenir à nouveau. Jusqu’au jour où je serai morte pour de bon.

Et là, je crois que d’autres ailes me soutiendront, mais c’est une autre histoire. Et surtout, ce n’est pas pour aujourd’hui.

Eva

C’est l’été, et les vacances te poussent à l’introspection ? Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j’erre ? Les journaux Love – Dream – Shine sont là pour te guider, et remettre des paillettes dans ton existence !

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