Girls just wanna have fundamental rights

 

Comme on me l’a fait remarquer par la suite, c’est la Journée internationale DES droits DES femmes. Merci, bisou.

Non, je ne veux pas de culotte, de fleurs, ou de super offre sur l’épilation.

Reprenons les termes exacts : aujourd’hui, 8 mars, c’est la journée internationale des droits des femmes. Des DROITS. Pas une occasion de pousser à la consommation en enfonçant les portes ouvertes à coups de clichés dangereux.

Ouep, bien vu, je suis féministe.

Féministe, comme triste ou en colère, n’est pas un gros mot.

Je sais que ça peut donner l’impression qu’une chienne de garde hargneuse va venir vous hurler dessus, et je ne sais pas bien où ça vient. (Mais je soupçonne des masculinités un peu fragiles qui n’ont pas aimé que des nanas ouvrent leur gueule un peu plus fort le jour elles ont décidé qu’elles ne seraient plus des carpettes.)

Définition de base : le féministe aspire à l’égalité entre hommes et femmes. Tout simplement.

L’égalité. Pas la tête des hommes et leurs bijoux de famille sur une pique. Pas dire que les filles est quand même super plus mieux que les garçons. L’égalité.

Vous allez me dire « mais pff, Eva, on l’a déjà, l’égalité. »

Non. On ne l’a pas.

Pas quand, si je dis « c’est bon, je vais rentrer à pied, c’est pas si loin » le soir, on me regarde avec des yeux effarés et on me cherche des solutions. Pas quand, si je le fais quand même, j’ai reçu plusieurs SMS pour savoir si j’étais bien rentrée avant d’être à ma porte. Pas quand, à force, je renonce à cette séance de ciné parce que je ne suis pas sûre d’avoir un bus après.

Pas quand il m’a fallu 10 ans pour comprendre qu’avoir si souvent cédé par peur et non parce que j’en avais envie, même si je partageais son lit depuis des années, c’était du viol.

Pas quand, si je dis « elle est vraiment pas drôle, ta blague, elle est sexiste et elle normalise le viol », on me jette des regards blessés ou outrés, et on m’en reparle plus tard en disant que ce jour là, j’ai vraiment fait de la peine à l’auteur de la « blague ».

Pas quand mon fils est embêté d’aimer My Little Pony, parce que « c’est pour les filles ».

Pas quand le maçon me demande « il est pas là, le chef ? » en parlant de mon père. Bin non. C’est chez moi, pas chez lui. C’est moi, le chef.

Pas quand, quand je le raconte, on me répond « bah, le prends pas personnellement, c’est culturel ». Je ne le prends pas personnellement. Vraiment. Mon regard sur moi-même n’est pas entaché. Par contre, je le prends mal.

Pas quand il y a quelques années, on m’a demandé un entretien d’embauche si je comptais avoir des enfants. Et que, même si j’étais dans les RH et que je connaissais la question de la discrimination sur le bout des doigts, j’ai répondu. Parce que j’en avais besoin, de ce job.

Et encore, je suis blanche, d’un milieu relativement aisé, en Occident. Au pays des droits de l’homme. (De l’homme !)

Je n’oublie pas que d’autres femmes, même pas forcément ailleurs, même ici en France, en bavent encore 10 fois plus parce qu’en plus, elles ont la peau plus sombre que la mienne, elles préfèrent les filles, elles affichent leurs convictions religieuses. Double, triple, quadruple peine.

Alors, gardez vos réductions sur les crèmes antirides et vos entrées gratuites pour les gros seins. À la place, si vous racontez une blague un peu crue, demandez-vous ce que ça vous ferait si c’était votre fille ou votre chérie l’objet de la blague.

Rappelez-vous la dernière fois que vous avez trouvé qu’un homme se comportait « comme une gonzesse ». (Eh oui, les hommes aussi ont besoin du féminisme.)

Et tant qu’à faire, augmentez de 23 % le salaire de mes copines salariées, et commencez par appeler les pères quand les gamins sont malades.

Merci, bisou.

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