Joie

Joie, pure joie, tu me donnes envie de piailler et chanter comme les petits oiseaux qui se promènent encore sur mon toit.

Je me souviens qu’ado, je croyais que le cynisme était le seul moyen de survivre dans un monde trop cruel, trop violent. Et ça protégeait la grande sensible que je suis, sans aucun doute. En plus, c’était vachement plus cool que d’être une ravie de la crèche.

En même temps, en (tout) petit comité, j’adorais faire le clown. Et chanter !

Parfois, quand je rentrais à la maison, ma mère me disait « je t’ai croisée en voiture, tu rigolais toute seule, tu te racontais des blagues que tu ne connaissais pas ? »

(Je le fais toujours. Je sais que les trucs auxquels je pense ne sont pas vraiment drôles, mais ils me font marrer, alors franchement, je me fiche bien de ne jamais pouvoir m’en servir pour un one-woman-show !)

Je ne sais pas trop quand la bascule s’est opérée, que j’ai lâché ma carapace de cynique, et que j’ai choisi le côté rayon de soleil de la force. (D’autant qu’en vrai, je suis faite avec de vrais morceaux de Bisounours.)

Je soupçonne que mon mari y était pour quelque chose, parce que lui aussi, les trucs pas vraiment drôles le faisaient marrer. Ma fierté, c’était de le voir pouffer quand j’en sortais un l’air de rien, juste pour lui, quand personne d’autre ne captait que je venais de dire le truc le plus drôle du monde (pour le one-woman-show, décidément, c’est mal barré. En même temps, je ne le disais pas pour les autres.) On se payait des barres de rire qu’on aurait été bien en peine d’expliquer.

Et puis il est mort, et je ne me suis plus vraiment marrée.

La lumière dans ma nuit, c’était que je savais que je voulais à nouveau ressentir de la joie. En fait, je voulais être joie, n’ayons pas peur d’être ambitieux. (Ravissement en découvrant Vice Versa !)

Je savais que ça prendrait du temps. Mais je savais aussi que ça reviendrait.

Mes sourires ont été longs à remonter jusqu’à mes yeux. Mes rires ont été longs à repartir du creux de mon ventre.

Je ne connaissais plus vraiment de blagues pas drôles, sauf peut-être des blagues fanfaronnes et bravaches pour convaincre la terre entière, à commencer par moi, que ça allait.

Mais joie, je ne t’ai jamais perdue de vue. Autant ma relation avec l’amour a été un chemin tortueux, tu n’as été qu’une question de patience. Je savais qu’on se retrouverait.

Ça a commencé par des choses simples. Les formes des nuages, la caresse du soleil, les fleurs, les oiseaux, les mots d’un petit garçon intelligent et droit dans ses bottes, quelques soirées en bonne compagnie, pour peu que j’ai été d’humeur.

Et suffisamment de temps pour que je recommence à me raconter des blagues que je ne connaissais pas. (Cherchez pas, elles ne sont drôles que dans ma tête au moment où je me les dis.)

Alors aujourd’hui, si quelque chose ne me met pas en joie, franchement, même pas la peine.

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