L’attaque des « il faut »

Aujourd’hui, je me suis réveillée ronchon.

Déjà, je ne voulais pas me réveiller. Je voulais encore dormir. Je suis plutôt une petite dormeuse, avec des phases où je dors davantage… À mon avis, pas tant une histoire de récupérer que d’intégrer des choses qui évoluent dans ma vie. Et en ce moment, j’ai besoin de beaucoup plus de sommeil que d’habitude. De vendredi à lundi, j’ai été malade. Virus ou somatisation, vas savoir, mais un mal de tête à me taper la tronche sur les murs. (Je ne l’ai pas fait, ça salit.) (Maman Léger : « haha, cherche pas, c’est les élections ! » Elle me connaît, ma mère, elle sait que quand l’actualité est moche moche, je suis malade.)

Mardi matin, mon fils m’a dit « ouf, ta voix est redevenue normale ! » Depuis, je suis sur le fil. Je fonctionne, mais le mal de tête n’est jamais bien loin.

C’est une grande période de transformation. Intérieure pour moi, déjà. Encore. Eva version 72.0. C’est beau de (me) dire libérée délivrée, je ne mentirai plus jamais, je vais juste être moi et pis c’est tout. Mais c’est intimidant et inconfortable. Je me sens vulnérable. C’est bien, vulnérable. Je le cherchais, vulnérable. Vulnérable, c’est là que tout se passe, qu’on crée, que des liens se créent. Vulnérable, c’est beaucoup de choses, mais pas confortable.

Et puis transformation extérieure en parallèle. J’essaie de me la jouer blasée, mais je trouve ces élections très perturbantes, et ça m’angoisse certainement plus que je ne veux bien l’admettre, même si mon sage intérieur me dit et me répète « arrivera ce qui doit arriver pour qu’on puisse tous évoluer ». (Sérieux, sage intérieur, c’est flippant, comme idée.)

Ce matin, donc, je me suis réveillée ronchon, et je sais que c’est parce que les « il faut » ont repris le dessus. (Et que j’avais pas mon compte de sommeil, et tu vas voir le cercle vicieux.) Mon cerveau a pris le dessus. Et j’aime pas ça. Il a plein de voix super nazes, mon cerveau.

J’ai fait mes pages du matin à 10h. Beaucoup trop tard. Sinon, j’y aurais sans doute noté mes rêves. Ou pas mieux que ça. Ils étaient confus et oppressants. Comme la situation actuelle. Il fallait que je fasse des choses qui ne me plaisaient pas du tout. Il y avait une femme sanglée dans un tailleur-pantalon gris anthracite, pas un faux pli, petites lunettes, savante permanente. L’archétype de ma première carrière archi-corporate. Celle que j’ai fuie. Celle qui dévorait mon âme.

Je me sens coincée dans les « il faut » aujourd’hui. Non, pas juste coincée. Étouffée.

Je me méfie des « il faut ». Les « il faut » me précipitent à ma perte plus souvent qu’à mon tour. Les « il faut » nous formatent. Les « il faut » ne cherchent pas notre bien-être, mais celui du système qu’ils servent. Les « il faut » se servent de nous puis nous jettent comme de vieux gobelets de café standardisés dans le monde entier, et on sait bien ce que je pense du jetable et de Starbucks. (Sinon, saches que je n’en pense pas du bien.)

Je me sens tellement coincée dans les « il faut » que je ne sais même plus ce que je veux. (Et l’équation, c’est toujours WANT>SHOULD. Souviens-t’en, s’il te plaît.)

En fait, même ce que je veux me semble un « il faut » aujourd’hui. C’est panique à bord.

À la place, j’écris ça, et probablement que je vais me casser ailleurs voir si j’y suis plus tard dans la journée.

Les « il faut » servent le vieux système qui veut survivre vaille que vaille même si pour cela il doit tous nous dévorer l’un après l’autre. Les « il faut » sont la mort de la créativité. Les « il faut » sont la mort du changement. Or, le changement, on en a besoin plus que jamais. Nous sommes à une période charnière. Tu le vois bien, toi, qu’on fonce droit dans le mur si on continue comme ça, non ?

(Et je ne dis pas que j’ai de solution. Sinon, je ne serais sans doute pas aussi ronchon.)

Je me suis réveillée ronchon, et il est temps de revenir à la base. Je ne veux pas me sentir ronchon, je veux sentir de l’amour et de la joie. Je veux me sentir vivante.

Retour à la base. Je m’aime et je prends soin de moi. Après ça, quand les « il faut » auront repris leur vraie place de roquets qui piaillent et que je peux ignorer quand je sais qu’ils abusent, ça ira mieux. Je pourrai reprendre là où je m’étais arrêtée, faire ce qui est vraiment nécessaire, ne pas faire ce qui ne me semble pas constructif. Décider moi ce qui tombe dans chacune de ces catégories. C’est moi le meilleur juge de ce qui est bon pour moi. Pas les « il faut ». Les « il faut », ils ne savent pas grand-chose, finalement. Peut-être à une époque, mais plus maintenant.

Et toi, tu es en mode WANT, ou en mode SHOULD ?

**
Eva, sœurcière qui veut pas

Si tu ne sais plus ce que tu veux, penche-toi sur 7 jours pour mieux t’aimer, le programme gratuit pour remettre un peu d’amour dans le quotidien des femmes (et même des hommes) sous pression. Sérieux, quoi, il est temps de nous remettre un peu au centre de nos vies !!!

PS Depuis, j’ai fait la sieste, mangé du chocolat, le ronchon a pris un peu de distance, mais il rode toujours… Sacré ronchon !

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