Mues

Mon chat est avachi, papattes en l’air, dans le courant d’air du Velux entre-ouvert.

Je suis installée dans ma chambre, sous les combles, dans une demi-pénombre parce qu’il fait déjà chaud là-dessous. Je suis installée en tailleur dans le fauteuil où il y a quelques années de cela, je me rendormais en allaitant mon fils la nuit. Je crois bien que si j’ai mal à la cheville, c’est à force de m’asseoir comme ça sur mon pied, mais c’est plus fort que moi, je le fais sans réfléchir.

En ce moment, ma vie me semble chaotique. Chaotique bien, hein. Mais chaotique quand même, parce que je sens que je tourne autour de ce que je veux sans encore réussir à mettre le doigt dessus.

Ce matin, en étant tout à fait honnête avec moi-même, je me suis avoué un fond de tristesse. En creusant un peu plus, j’ai compris que j’étais triste parce que je ne me faisais pas confiance, ni à l’univers.

Crise de foi.

Quand te respecteras-tu donc ?

Et ce manque de confiance m’empêche d’être encore pleinement moi, et non seulement de faire ce que je veux, mais de voir ce que je veux.

Doute.

Impie.

Pourquoi s’empêche-t-on d’être soi-même ?

J’ai fait la paix avec mon nom.

C’est peut-être bizarre, comme aveu, mais mon nom m’a longtemps… je ne sais pas. Intriguée ? Je me demandais comment me glisser dedans.

Eva, la première femme, la source de la vie. À la fois joyeux et intimidant.

Léger… compliqué, léger, pour quelqu’un qui s’est longtemps sentie embarrassée par le simple fait d’avoir un corps. Qui s’est longtemps sentie écrasée par la vie (c’est l’ado en moi qui parle). Qui a fini par se cacher derrière des kilos en trop.

Un jour, mon amie Emilie m’a dit « ça te va bien, comme nom ». Et moi, embarrassée par mes kilos de grossesse, j’ai rigolé. Ça l’a beaucoup fâchée.

J’ai mis des années à comprendre ce qu’elle voulait dire. (Merci jolie fleur.)

J’ai laissé mes kilos derrière moi. Ils ne sont jamais revenus. Blâmons le deuil, mais je crois que ça correspond aussi à la décision inconsciente de ne plus me cacher. J’ai une silhouette qui a mon âge, ma stature et mon vécu. Pas une silhouette de magazines. La silhouette que j’ai toujours eue dans ma tête. Je suis en paix avec elle.

Ma légèreté, comme ma vérité, est ailleurs.

Je tourne autour de moi comme j’ai jadis tourné autour de mon « vrai » corps.

Ce matin, j’ai décidé de laisser derrière moi ma peau de victime et de martyr. Mais elle a la peau dure. Il faudra sans doute que je le décide à nouveau.

Est-ce la période qui veut ça, l’alignement des astres, ou simplement qui se ressemble s’assemble ? J’ai autour de moi quantité de personnes qui laissent derrière elles peau après peau, comme autant de mues, pour se rapprocher un peu plus de qui elles sont vraiment, au fond. Je les admire, tout autant qu’elles sont.

Nous sommes-nous trouvées dans notre refus du compromis ? Notre refus de l’à-peu-près ? Notre soif d’absolu ?

En ce moment, je me demande ce que je fais. Je me cherche un titre. Je demande avant de m’endormir, mais je n’ai pas de réponse à mon réveil. Pas encore.

Alors, je continue à raconter mes histoires. Peut-être n’ai-je pas besoin d’autre étiquette.

Peut-être n’ai-je pas besoin de faire, comme je sais déjà que je n’ai pas besoin d’avoir.

Peut-être ai-je juste besoin d’être.

Après tout, je sais ce que je veux être. Ce que je suis déjà, même si je ne le sais pas encore.

Je suis amour.

Je suis joie.

Je suis confiante.

Je suis libre.

Je suis vivante.

Je suis magique.

Je suis une antenne géante à confidences. (N’arrêtez pas, j’adore !)

Je suis un miroir qui renvoie la beauté qu’elle voit chez les autres.

Je suis plus grande à l’intérieur.

Je suis une histoire palpitante dont je ne connais pas encore la fin.

J’adore tourner les pages de ma propre histoire.

Une héroïne ? Je ne sais pas. La protagoniste principale, après toutes ces années à jouer les side-kicks dans ma propre histoire, ça, c’est sûr.

Le livre dont vous êtes le héros. L’histoire dont je suis l’héroïne.

Bon, OK, héroïne, de toute évidence. Ma propre héroïne.

C’est déjà pas si mal !

Et toi, qui es-tu ? (Je te le demande sincèrement, je suis très curieuse.)

Je t’embrasse sur les deux joues.

**
Eva, héroïne sans étiquette

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