Les règles sont faites pour être détournées

« Notre cerveau et son processus créatif ont leur propre agenda », m’a dit ce matin mon amie Oraline.

Oraline est une réalisatrice bourrée de talent, et on papotait créativité, et des vilains gremlins qui nous mettent des bâtons dans les roues et nous dépriment.

Je ne sais pas pour toi, mais mon cerveau à moi entre parfois dans des boucles débiles et paralysantes, nourries de « il faut » : « il faut faire ci », « il faut faire comme ça ».

Exactement tout ce qu’il faut pour qu’il n’arrive pas à créer quoi que ce soit !

J’ai déjà dû te le dire, et je te le redirai, mais j’ai horreur des « il faut ». Le cerveau rationnel est un exécutant. Quand c’est lui qui prend les commandes, je peux être sûre que je vais m’épuiser à faire, juste pour faire. Et que je serai fatiguée, et frustrée, et qu’il ne se passera à peu près rien de ce que j’aurais voulu qu’il se passe.

Quand je le laisse écrire des billets, par exemple, je peux être sûre qu’au mieux, personne ne les lira, au pire, personne n’y réagira. Ce que je ne peux reprocher à personne, vu que moi, déjà, je m’ennuie ferme en les écrivant.

Et ma boucle se prend dans un engrenage, fait tourner d’autres boucles, et, s’y je n’y prends pas garde, met en marche tout un système de pensées dont j’ai du mal à me dépêtrer.

« Personne ne lit, parce que je raconte que de la m…, parce que je suis nulle, alors ça sert à rien, peut-être que je vais arrêter et me prendre un job de bureau débilitant, ce sera mieux que hurler mes âneries dans le vide. »

Au mieux, je me rends compte que c’est un raisonnement un tantinet biaisé, et je me reprends. Au pire… je perds un temps et une énergie précieux à convaincre mon cerveau rationnel qu’il est hystérique.

L’expérience m’a montré que dans ces cas-là, quand mon cerveau rationnel commence à fumer, à frôler le burn-out et à vouloir faire toujours plus, le plus efficace, c’est de faire une pause et de m’occuper un peu de moi. Laisser retomber toute la poussière que mon agitation a soulevée. Trier le bon grain de l’ivraie, et les « j’ai envie » des « il faut ».

Mettons-nous d’accord : il y a des « il faut » qu’il faut vraiment (payer ses impôts, aller chez le dentiste…)

Mais quand tu veux créer quelque chose, tu peux être à peu près sûre que plus tu vas te coller de « il faut », moins ça va fonctionner comme tu veux. Ou alors, tu vas te convaincre qu’il faut lutter pour arriver à quoi que ce soit. (Alors qu’en fait, non.)

Bien sûr, tu peux te poser des règles. En atelier d’écriture, on se donne des contraintes (plutôt que des énoncés), et tout le sel est là : la contrainte te plaît, tu joues avec. Elle ne te plaît pas, tu joues avec, tu la la contournes, la détournes. En plus, en atelier d’écriture, tu as rarement le temps de beaucoup réfléchir, en général, tu fonces sur ta première idée, c’est super efficace. C’est toute la beauté du jeu !

Les règles et contraintes que tu t’imposes doivent être là pour te stimuler, te nourrir, pas pour t’enfermer. Plus tu t’imposes de rigidité, plus tu vas être stressée, et plus ça va être une lutte de créer quoi que ce soit. Tu vas passer ton temps à te demander comment faire au lieu de le faire.

Le curseur est assez simple à trouver : si ça t’amuse, si ça t’excite, tu vas dans le bon sens, même si ça te fait un peu (ou beaucoup) peur. Si tu te sens étouffée, si tu te sens prisonnière de tes règles et de tes contraintes, peut-être est-il temps de te demander ce qu’elles t’apportent, et comment tu pourrais les détourner pour qu’elles fonctionnent pour toi ?

Les seules règles qui comptent, ce sont les tiennes. Pas celles des 10 astuces pour réussir à coup sûr le je ne sais quoi que tu voulais réussir dans l’article qui a été partagé 1762 fois. J’ai pas envie de voir 1762 fois la même chose, merci. Je préfère voir ta version du truc.

Si ça se trouve, tu peux même virer ta règle. Ou la remplacer.

Qu’est-ce qui est un plaisir, et qu’est-ce qui est une souffrance ? Qu’est-ce qui fonctionne pour toi ? Et qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? Vois-tu des corrélations ?

Raconte-moi tout ! Et vis ta vie d’artiste !!!

**
Eva, qui n’a pas envie de qualificatif aujourd’hui

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