La vulnérabilité, c’est la clé

Il y a un moment que je cours après la vulnérabilité. J’avais le sentiment que c’était la clé, sinon de tous mes problèmes, du moins d’une bonne partie.

Mon armure me protégeait fort bien. Mon armure de brave petit soldat. Sourire vissé aux lèvres, « ça va bien » automatique. Méthode Coué.

J’en avais fini par me convaincre moi-même, dis donc !

J’étais devenu un robot, harnaché dans ma robuste armure, avec le vague souvenir qu’à une époque, peut-être, j’avais été humaine.

Cette armure, je l’ai portée une bonne partie de ma vie d’adulte. Peut-être même avant. Je ne sais plus. Ma vie d’adulte qui souriait un peu trop, et baissait les yeux dès qu’on croisait son regard. Si je ne te vois pas, tu ne me vois pas.

Que m’étais-je donc fait pour ne pas vouloir qu’on me voie ? Pour croire que je ne le méritais pas ?

Car voir les gens, vraiment les voir, et pas seulement les regarder, ce n’est rien d’autre que de l’amour…

Bin voilà ! Cherche pas !

Je ne te dévoile rien pour que tu ne me voies pas, parce que je ne m’aime pas, et donc je ne veux pas que tu m’aimes. (Mais aime-moi quand même. Juste, pas pour ce que je suis.)

Quand je pense à la fierté avec laquelle j’ai longtemps arboré mon badge du « je ne m’aime pas » ! Tellement longtemps que quand m’aimer est devenu de toute évidence la seule solution pour survivre, je me suis sentie bête. Je ne savais pas par où commencer.

Quand j’y pense, ça me brise le cœur.

J’ai lu des bouquins. J’ai écumé le oueb. Prendre des bains et porter des paillettes. Mouais. Pas convaincue. Pas convaincant.

J’avais toujours envie de me planquer. J’essayais d’être une bonne petite fille doublée d’un bon petit soldat.

Pas un cheveu qui dépasse.

Pas convaincant, et aussi un peu chiant.

En y regardant bien, tout converge, justement, au niveau du regard.

J’ai fini par accepter, de plus en plus, de me regarder, et de me voir. Y compris mes zones d’ombres. Surtout mes zones d’ombres.

Plus je voyais ces zones d’ombres, plus j’éprouvais de la compassion pour moi. Puis de l’affection. Comme quand je regarde quelqu’un que j’aime aux prises avec elles.

Tant que je refusais de me regarder, sans même parler de me voir, comment pouvais-je seulement me montrer vulnérable et accepter de m’exposer au regard des autres ?

Est-ce si surprenant qu’au début de ma nouvelle vie, pendant des mois, je n’ai pas eu de miroir, même pour me brosser les dents ?

À une époque, ma mère prenait des antidépresseurs à dose telle qu’elle pouvait regarder n’importe quoi sans broncher. Chez nous, c’est mon père et moi qui aimons les films qui font peur. Elle, elle aime les jolies histoires avec beaucoup de cœur. Alors, quand j’ai regardé un film qui m’a donné des cauchemars alors qu’elle m’avait dit « c’est bien et ça ne fait pas trop peur », on a compris qu’il fallait revoir son dosage.

Je crois que j’ai longtemps été comme ça, antidépresseurs en moins. Carapace intégrée. Tellement engoncée dans mes protections que plus rien ne me touchait.

Aujourd’hui, j’ai l’impression de m’effeuiller, de déposer couche après couche mon armure, mes protections, mes armes.

Ce n’est pas toujours confortable, c’est vrai. Mais à chaque couche que je dépose, je me sens plus légère. Plus libre. Plus vivante. Plus en accord avec mon nom, tiens.

Oui, cette armure me protégeait de la douleur… mais aussi de tout ce qui est beau et doux dans le monde.

Se protéger à excès, c’est se protéger du mauvais, mais aussi du bon.

On étouffe tout cela. On s’abrutit. On s’anesthésie. Et on ne réagit plus à rien.

Je crois que c’est depuis que j’accepte d’aller voir là où ça fait mal, doucement, sans me brusquer, que je reviens dans la vie. Plus je suis capable de me confronter à cette douleur, la dire, la montrer, la ressentir, ou même simplement d’admettre « là, c’est dur »… Plus je suis capable de ressentir aussi la joie et l’amour, de m’amuser, de rêver et de créer.

Avant, j’étais prisonnière de mon armure. Maintenant, j’ai accès à tout. (Enfin, certainement pas tout, mais c’est ça qui est excitant !)

Je continue à m’effeuiller en ce moment, avec joie, avidité et curiosité.

On y prend goût, à la légèreté et au ballet des émotions 🙂

**
Eva, sœurcière chamallow et catalyseur du changement

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