Quand écouter ta petite voix intérieure

Dans ma tête, j’ai perpétuellement une voix off.

Ou même, des voix off qui me racontent des histoires à longueur de journée.

Parfois, c’est Statler et Waldorf, les deux vieux du Muppet Show, qui commentent tout à grands coups de sarcasmes.

Parfois, il y en a une qui me raconte des blagues débiles qui ne seraient absolument pas drôles si je devais les raconter à quelqu’un, mais qui me font mourir de rire.

Parfois, il y en a une qui me dit que je suis nulle et que je ne ferai jamais rien de ma vie.

Parfois, il y en a une qui me dit que je suis Batman.

Parfois, il y en a une qui me souffle des idées géniales.

Parfois, il y en a une qui me demande si j’ai pensé à payer le gaz quand j’ouvre un œil au milieu de la nuit. Le temps que je me rappelle que je n’ai pas le gaz, il est trop tard.

Parfois, il y en a une qui commence à me raconter des histoires géniales. Je l’aide en prenant un stylo.

Parfois, il y en a une qui me dit un truc complètement farfelu, et ça fait tellement tilt que je suis l’impulsion. (C’est comme ça que je me suis trouvée à lire un livre de mon fils en live sur Facebook.)

Parfois, il y en a une qui vient me dire que cette idée farfelue était nulle de toute façon et que je ferais mieux de faire quelque chose de plus sérieux.

Bref, ma vie intérieure ressemble un épisode de Scrubs. Et si je commence à écouter toutes les voix dans ma tête, je peux y passer la journée, passer du rire aux larmes au rire à nouveau, et je finis par ne rien faire.

J’ai dû apprendre à les filtrer.

Ça marche plus ou moins bien selon les jours, mais au bout du compte, si j’ai passé une mauvaise journée, je peux être sûre que j’ai laissé ma petite voix intérieure me pourrir.

On l’a tous en nous. Cette petite voix intérieure. Cette sagesse, ce grand manitou, cette intuition qui est là pour nous guider. Mais aussi les petites voix idiotes. Les alarmistes. Les carrément déprimantes.

Et toutes ces petites voix te racontent des histoires pour une bonne raison.

Peut-être que celle-ci te raconte des trucs débiles parce que tu as besoin de lâcher la pression, ou de comprendre quelque chose.

Celle-là t’inspire des idées géniales parce que tu es géniale, et qu’on a besoin d’entendre ce que tu as à dire.

Cette autre encore te souffle des trucs farfelus parce que parfois, ce truc farfelu et complètement inattendu est exactement ce dont tu as besoin à l’instant T. (Ça, très chère, c’est ce qu’on appelle l’intuition.)

Et quand elles font tout pour te décourager ? Eh bien, elles ne font pas ça pour être méchantes. Non, au contraire. Elles sont là pour te protéger. Pour t’empêcher de te planter. Lyvia les appelle les connasses, ma chère Julia Cameron le Censeur. Moi, simplement les petites voix. Je les imagine comme un club de vipères qui persiflent.

En fait, souvent, c’est juste Grand Monstre Peur.

Sauf que si tu les écoutes, tu ne fais jamais rien. Elles trouveront toujours quelque chose d’autre à te faire faire au prétexte que tu n’es pas prête, que ce n’est pas assez bien, que TU n’es pas assez bien.

Tu vas me dire « oui, mais Eva, parfois, mon intuition, elle me dit aussi qu’un truc n’est pas clair. »

Vrai. Tout à fait vrai. J’ai assez souvent fait les frais de ne pas l’écouter, celle-là. Chez moi, c’est plus des sensations physiques que ma petite voix intérieure. Ce n’est pas toute une liste de raisons qui se déroule, c’est simplement que je ne le sens pas. (À ce moment-là, les petites voix jouent même souvent l’avocat du diable. Vas comprendre.)

La meilleure boussole, c’est d’écouter la petite voix intérieure qui est bienveillante envers toi. Celle qui n’émet aucun jugement à ton encontre.

Te dire de faire un truc qui sur le papier à l’air bien, alors que tu as la sensation que non ? Pas bienveillant envers toi. Tu ne fais pas. Parfois à tort, mais alors, cherche ce qui cloche, et règle-le.

Ce truc a l’air fun, mais tu risques d’être trop nulle. Zappe le jugement, écoute la partie bienveillante. C’est fun. Tu fais.

Ce type cause bien, mais, tu sais pas, tu ne le sens pas. Alors, tu ne fais pas.

Tu as envie de faire ça, mais tu n’es pas sûre du résultat, tu vas sans doute te planter. Eh bien si tu te plantes, au moins, tu te seras éclatée. Tu fais.

Et quand Grand Monstre Peur prend la parole pour t’empêcher de faire ce dont tu as envie, écoute bien ses arguments.

S’il cherche à te faire te sentir toute petite, prouve-lui qu’il a tort.

S’il te parle dans tes tripes au lieu de te faire une liste, prend le temps d’écouter ce qu’il a à te dire. Soit tu éviteras une catastrophe, soit tu pourras régler quelque chose avec toi-même.

Et si ta petite voix intérieure te souffle « ça a l’air cool, ça ! » écoute-la. Elle n’a pas attiré ton attention là dessus par hasard.

Tes petites voix intérieures sont toutes là pour ton bien. Mais elles ne s’expriment pas toutes de la même façon. Décrypte-les à travers le prisme de ton bien-être.

N’oublie pas : l’important, c’est de te sentir bien.

Plus tu seras attentive à ce que te raconte ta petite voix intérieure, plus ce sera facile de savoir ce qu’elle te veut.

En résumé :

  1. Si elle te fait te sentir nulle : merci, mais non merci, ferme-la, maintenant.
  2. Si elle te renvoie des peurs, écoute ce que ces peurs ont à te dire sur toi.
  3. Et si elle te dit que ça a l’air cool… fonce !

***

Pour moi, le meilleur moyen de faire le tri dans tout ce que racontent les petites voix dans ma tête, c’est encore et toujours l’écriture spontanée. En général, Grand Monstre Peur et le jugement de valeur sont les premiers à pointer le bout de leur nez. Laisse-les s’exprimer. Une fois qu’ils ont fini de jouer les drama queens, ton sage intérieur aura enfin la place pour te montrer toutes les richesses que tu as en toi. Attention, tu risques de te surprendre toi-même !!! Écrire, ça libère 🙂

Besoin d’aide pour démêler les nœuds ? Je suis là pour ça !

 

Crédit photo : Seth Doyle via Unsplash

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.