La petite sorcière et le chevalier noir conte philosophique pour clouer le bec aux vilaines petites voix dans ta tête

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Il était une fois une petite sorcière timide et idéaliste. Sa tête recelait d’univers riches et colorés, d’histoires merveilleuses. Oh, comme elle rêvait qu’on apprécie toute cette beauté en elle. En voyant cela, on ne pouvait que l’aimer, pas vrai ?

À la taverne, elle rencontre un chevalier noir. Il est beau, il parle bien, il est charmant. Il explique qu’il porte une armure noire pour se défier de cette hideuse société corrompue dans laquelle ils vivent. Le chevalier noir est un rebelle.

La petite sorcière trouve elle aussi la société hideuse et corrompue. Elle boit ses paroles. Elle aussi se sent rebelle, même si ce n’est pas aussi évident en apparence. Son vœu le plus cher est de rendre le monde meilleur, même si elle se rend compte que son rêve est utopique.

Avant même de s’en rendre compte, elle se retrouve entre les draps du chevalier noir. Et ma foi, ça lui convient. Elle adore le chevalier noir, et elle est convaincue qu’il l’adore aussi. Elle lui lave ses slips, elle lui prépare à manger.

La petite sorcière réfléchit à ce qu’elle peut faire en ce bas monde. Ce qu’elle aime plus que tout, ce sont les mots et les histoires. Ce qui fait bien rire le chevalier noir, qui sait bien que c’est ridicule. Lui sait ce qui est bon, ce qui est beau, ce qui est nécessaire, et les petites histoires de la petite sorcière, non mais laissez-le rire !

La petite sorcière range ses plumes d’oie et ses grimoires, et trouve des moyens détournés de changer le monde avec les mots. Elle se met au service des autres, et ses mots au leur.

Elle se sent de plus en plus petite, de plus en plus dérisoire, de plus en plus inutile et incapable. Elle a du mal à être les mots des autres. D’ailleurs, souvent, elle n’est pas d’accord avec ces mots. Elle cherche du réconfort dans le contact humain. Elle est timide, la petite sorcière, mais son goût des mots et des méandres de l’esprit lui confère une vision unique de l’être humain. Les mots lui manquent, ils ne résonnent pas toujours, mais les relations sont le plus souvent chaleureuses.

Elle ne se rend pas compte que ses grimoires et ses plumes d’oie prennent la poussière. Une araignée commence à tisser sa toile autour d’eux.

Elle ne se rend même pas compte qu’elle ne raconte plus d’histoire depuis bien longtemps. C’est que le chevalier noir prend de plus en plus d’espace. Il est de plus en plus grand, imposant, véhément. Il est très perfectionniste, le chevalier noir, et très exigeant. Il sait mieux que tout le monde. Ça lui joue des tours. Cette sale société le méprise, et ça, il ne le supporte pas. Il gonfle, il enfle, et de la fumée commence à lui sortir des naseaux.

La petite sorcière se dit qu’elle doit l’aimer encore plus fort. Elle reprise ses slips, lui mitonne de bons petits plats. Avec ça, c’est sûr, il sera heureux.

Mais non. Ça ne suffit pas du tout. Bien au contraire. Les slips sont mal reprisés, les repas pas à son goût, son travail avec les mots est ridicule, et franchement, c’est quoi, cet amour des livres ? C’est stupide, elle ne vit pas dans la réalité, la petite sorcière, de quoi cherche-t-elle donc à s’échapper ? Stupide petite sorcière, elle ne comprend rien à rien, elle n’est bonne à rien, nulle en tout, il faut qu’elle arrête de faire des choses, quoi que ce soit, parce que franchement, ça ne sert à rien, elle ferait mieux de ranger les slips du chevalier noir et de l’écouter disserter, les yeux baissés, sans mot dire, si ce n’est pour acquiescer.

Il enfle tant et tant, le chevalier noir, que parfois, la petite sorcière a l’impression que c’est un dragon. Mais ce doit être la fumée qui lui pique les yeux et lui joue des tours, pas vrai ?

Ses grimoires et ses plumes d’oie presque invisibles sous les toiles d’araignée, la petite sorcière continue à faire contre mauvaise fortune bon cœur, et bonne figure, aussi. Il est très apprécié, le chevalier noir, très classe, très charmeur, très imposant. Un James Dean enflé, tout de noir vêtu, avec de la fumée sortant des naseaux.

Un soir, le chevalier noir, plus enflé que jamais, tout feu tout flamme, décide que la petite sorcière a dépassé les bornes et commis une erreur impardonnable. Elle n’a pas rangé ses slips là où il lui avait dit. Il n’a pourtant changé d’avis que quinze fois. Il enferme la petite sorcière dans son plus haut donjon, le plus désolé de tous. Elle n’en ressort que le lendemain matin pour aller faire ses petites conneries de mots.

En rentrant du travail, ce soir-là, la petite sorcière, qui n’est plus une sorcière depuis longtemps, et se demande même si elle est encore un être humain, se rend compte qu’elle a peur de rentrer chez le chevalier noir. Elle n’arrive même plus à se dire que le château est le sien à elle aussi. Elle a peur de ce qui va se passer s’il est là quand elle rentrera, et aussi de ce qui va se passer s’il rentre après elle. Elle retarde de plus en plus le moment de rentrer.

Elle se met à comploter. Elle réunit une bande de réprouvés que le chevalier noir jugeait trop vils pour qu’ils puissent les fréquenter, mais qu’elle aimait toujours farouchement, pour qu’ils viennent la sauver de son donjon. Les réprouvés sont soulagés, ils n’attendaient que ça. Dans l’heure, la petite sorcière a quitté le château avec ses livres, ses grimoires et ses plumes d’oie. Des champignons ont poussé dessus et sympathisé avec l’araignée.

Mais bien sûr, le chevalier noir n’allait pas la laisser partir comme ça. Il la poursuit, il hurle, il l’invective, il la cajole, il la menace, il prend la terre entière à témoin. Ou du moins tout le village.

Le village est intéressé. C’est qu’ils étaient mignons, le chevalier noir et la petite sorcière, lui, tellement classe et charmant, elle, qui avait l’air tellement gentille quoiqu’effacée.

Le chevalier noir fulmine. Il enfle à chaque accusation. Je t’ai tout donné, qui crois-tu qui va t’aimer, avec tes livres, tes histoires et tes mots à la con ?

La fumée sort de ses naseaux. Le village écoute, la tête penchée sur le côté, sans rien dire. Elle a dû faire des choses terribles, la petite sorcière, pour qu’il affirme des choses pareilles.

La petite sorcière, les mains plaquées sur ses oreilles, fait de son mieux pour ne pas écouter. Elle le voit qui enfle encore et encore. Elle voit bien, maintenant, que c’est un dragon. Elle se demande si les autres le voient aussi. Mais les mots du chevalier noir la touchent trop durement. Elle ne répond pas, et se cache un peu mieux.

Le chevalier noir vocifère toujours, baigné d’une épaisse fumée noire qui pique le nez et fait pleurer les yeux. Son discours se fait de plus en plus hargneux, petite pute, tu résumes tout aux insultes, après tout ce que j’ai fait fait pour toi, sale merde, grosse salope.

L’un des villageois l’interrompt. Il ne veut pas prendre parti. Il aime bien le chevalier noir, mais la petite sorcière aussi, et il ne comprend pas ce qu’elle a fait pour mériter de telles insultes, alors il continuera à fréquenter les deux.

Le dragon noir glapit, furieux. Quoi, on refuse de le croire, de l’admirer, de l’adorer, lui qui a la science infuse et la parole d’évangile ? Sale petit villageois de mes deux, tonne le dragon noir.

Le villageois s’éloigne en secouant la tête. Son regard croise celui de la petite sorcière. Désolée, articule-t-elle sans un son. Il secoue la tête. Ce n’est pas à elle d’être désolée.

D’autres villageois lui emboîtent le pas.

Ceux qui restent s’agitent :

« Vous avez vu, le chevalier noir, on dirait un dragon.

– Attends, mais C’EST un dragon. C’est fou, comment n’avions-nous jamais remarqué ?

– On le tue ?

– Bof, il se croit important et supérieur, mais c’est juste un chevalier comme les autres. Plus vicieux, peut-être. Il n’en vaut pas la peine. Allons plutôt à la taverne. »

La place du village se vide peu à peu. La petite sorcière épie, bien à l’abri, alors que le dragon noir tape du pied, hurle, se cogne la tête contre les murs pour qu’on le remarque, mais la place est vide, tout le monde est rentré chez soi ou à la taverne. Tout le monde est entouré de ceux qu’il aime et qui l’aiment.

Le dragon noir beugle, et crache un torrent de flammes, sans se rendre compte qu’il est en train de brûler son magnifique château et ses slips propres et bien rangés. Il se met à pleurer des larmes de crocodile, quémandant un peu de compassion, mais tout au plus récolte-t-il quelques regards qui oscillent entre pitié et dégoût.

Le dragon noir, piteux, la queue entre les pattes, part chercher refuge dans la forêt. On dit qu’il finit tout seul au fond d’un bois, au terme d’une longue vie de rêves de grandeur déchus et de solitude. Personne ne l’a plus jamais admiré ni ne s’est longuement attardé pour parler avec lui.

La petite sorcière, quant à elle, a recommencé à s’appeler être humain, puis sorcière. Elle a recommencé à tisser les mots. Les mots des autres, d’abord, puis les siens. Elle a sympathisé avec l’araignée et les champignons sur ses grimoires et ses plumes d’oie. Ils lui soufflent ce dont elle a besoin.

Parfois, elle entend encore les mots du dragon noir dans sa tête. Parfois, elle les croit encore. Puis elle hausse les épaules, prend son grimoire, une plume d’oie, et en fait une histoire.

La lira qui voudra.

Eva

C’est l’été, et les vacances te poussent à l’introspection ? Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j’erre ? Les journaux Love – Dream – Shine sont là pour te guider, et remettre des paillettes dans ton existence !

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1 réponse
  1. JC-van-Dale
    JC-van-Dale dit :

    J’ai toujours aimé les jolis contes.
    Je me permets d’ajouter quelques mots sur votre petite Sorcière :
    La vue de cette petite Sorcière ne peut être supportée que par des yeux très purs. La lumière aveugle parfois. La vérité, propice à quelques-uns, peut être funeste à beaucoup.
    La lumière descend d’en haut, mais peu à peu elle s’obscurcit dans les ténèbres pour s’éteindre. Et cela s’accomplit ainsi jusqu’à ce que les hommes soient enfin illuminés et dignes de contempler l’infinie clarté.
    Certains, ont reçu le don sacré de réfracter la lumière d’en haut, comme les Bardes et les Druides, initiés aux Mystères sacrés.
    Mais, aujourd’hui, ils pleurent les pommes d’or des anciennes vérités que les vers rongeurs du mensonge ont corrompues et qu’un brutal vent d’erreur et d’ignorance, toujours nouveau, détache de l’arbre immortel de la sagesse. Mais une nouvelle lumière, la suprême Lumière qui ne doit plus s’éteindre, est descendue pour éclairer le monde.
    La petite Sorcière est le soleil dont nous ne connûmes que les lueurs à travers les temps. Bientôt un de ses rayons traversera nos esprits et nos cœurs. Mais gardons-nous du chevalier noir.
    Cordialement
    https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.fr/

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