pourquoi je propose mon livre sous licence creative commons : une histoire de business, d'amour, et de partage

Il est né, le divin enfant. Il est là, le fruit de mes entrailles.

Il est né, Revenir à soi, et je t’invite à le lire, le partager, le répandre tout autour de toi comme on souffle sur un pissenlit.

Pour te faciliter la tâche, il est disponible sous licence Creative Commons (BY NC ND, si tu veux tout savoir), c’est-à-dire que tu peux le télécharger librement ici, en faire autant de copies que tu veux, le passer à tes copines, le mettre en libre accès sur ton propre site, l’imprimer pour ta mémé et ton petit frère, le placarder sur les murs de ta ville… Tout ce que je te demande, c’est de me citer comme autrice, et de ne pas te faire de sous sur le fruit de mes entrailles sans qu’on en ait causé avant.

Et si tu veux une version papier, eh bien, tu peux en acheter une, toujours ici.

Alors, pourquoi te le proposer gratuitement si tu peux aussi l’acheter ? C’est pas un peu zarbi, comme idée ?

(Probablement.)

Ma première impulsion serait de te répondre qu’à un moment, alors que je désespérais de pouvoir poser le point final de ce livre, l’idée m’est tombée sur le coin du nez, elle m’a plu, et elle ne m’a plus quittée. Qui sait, c’est peut-être même comme ça que j’ai réussi à enfin finir.

Et ce serait une réponse suffisamment bonne.

Mais tu veux sans doute l’histoire détaillée.

Le fait est qu’au cœur de cet été en demi-teinte, je me suis beaucoup posé de questions sur la vie, l’univers et le reste (comme d’hab), et plus particulièrement sur le monde du travail, la société d’aujourd’hui, comment fonctionner de la manière la plus juste pour chacun d’entre nous. À quoi ressemblera le monde de demain ? Les dystopies que j’avale comme des bonbons me font froid dans le dos.

Les utopies, alors ? À quoi ressemblerait-il, le monde idéal ? Mon monde idéal, puisqu’il y a de toute façon autant de réponses à cette question que d’individus.

Je n’ai pas de réponse. Cette question dépasse de très loin, pour une fois, mon petit nombril et même celui de mon entreprise. Tout ça dépasse de très loin ce que moi toute seule je peux faire.

Je suis convaincue, depuis longtemps déjà, que notre modèle de société a atteint ses limites. On se cogne aux murs dès qu’on essaie de bouger, et les politiques actuels, nationaux et internationaux, me donnent l’impression d’enfoncer les clous dans le cercueil.

Et j’étais là, à me débattre avec mon (joli) livre qui ne voulait pas finir de s’écrire, mes à quoi bon, la justice et la justesse de la société, la justice et la justesse de l’entreprise, ce qu’est vraiment la liberté, le sens de la vie, le sens que je voulais donner à tout cela, et c’était pas joyeux-joyeux.

Et puis je suis tombée sur cette interview de Richard Stallman, grand gourou du logiciel libre. (À vrai dire, il aurait pu dire n’importe quoi, il suffisait que ce soit lui.) Et la pièce est tombée. Tout s’est enchaîné tout seul ou presque, et tout s’est aligné.

LE modèle n’est pas le seul modèle. À moi d’imaginer le mien. Celui qui fonctionne pour moi.

En début d’année, je suis tombée sur une phrase qui m’a beaucoup donné à réfléchir. C’est la Canadienne Danielle Laporte qui l’avait écrite pour illustrer le don qu’elle faisait au planning familial après que Trump s’est empressé de réglementer les utérus américains.

Si tu ne fais pas partie de la solution, tu fais partie du problème.

Ça m’a beaucoup travaillée. Beaucoup, beaucoup, beaucoup.

Comment faire partie de la solution ? Quelle pouvait être MA solution ?

J’avais un début de réponse, enfin. Et ce que j’avais vu, je ne pouvais pas le “dé-voir”.

Je suis allée repêcher le livre Made with CC que j’avais téléchargé quelques mois plus tôt. (Y’a pas de hasards.)

Je me suis repenchée sur le cas d’utilisateurs de la licence que j’admire, à commencer par Cory Doctorow, romancier et activiste (l’image du pissenlit qui dissémine ses graines, je la lui ai piquée, parce qu’elle aussi m’a beaucoup donné à réfléchir. Merci Cory.) Sur le cas de gens qui font leur business, leur art, leur mission dans le monde autrement.

J’ai ressorti un de mes livres fétiches, The Art of Asking, d’Amanda Palmer, pour retomber, page 304, sur LA phrase qu’il me fallait, et je me suis rendu compte que je l’avais déjà traduite quelque part dans mon Evernote (comme quoi, c’était important) :

“L’industrie du divertissement, reflet du reste du monde, est obsédée par la mauvaise question : comment FAIRE payer les gens pour du contenu ? Et si on commençait à prendre le problème dans l’autre sens : comment LAISSER les gens payer pour du contenu ?

La première question évoque la FORCE.

La seconde évoque la CONFIANCE.”

Les pièces du puzzle se sont assemblées toutes seules.

Qu’est-ce que je veux faire, avec mon entreprise et dans ma vie ?

Réponse : semer de l’amour. Répandre de l’amour. Essaimer de l’amour.

Quoi de mieux qu’un livre sur l’amour pour ça ?

La partie tatasse et un peu chiante en moi, celle qui veut toujours “tout bien faire”, pousse des cris d’orfraie, mais je la laisse crier dans le vide, parce que je vois bien que c’est là MA solution. C’est comme ça que MOI, je vis mon entreprise, mon art, mon écriture.

Mon souhait profond pour ce livre, c’est que les gens le lisent. Si je peux gagner de l’argent avec, tant mieux, parce que c’est plus facile de payer ses factures avec des euros qu’avec de l’amour. (Donc, quelque part, acheter mon livre, c’est un moyen de me donner de l’amour. *clin d’œil appuyé super discret*) Si non, eh bien, c’est déjà bien. J’ai semé une graine d’amour quelque part. Ce sera peut-être le moyen de toucher des gens que je n’aurais pas touchés autrement. Ce sera peut-être un moyen de me faire de nouveaux copains. Et qui sait ce qui naîtra de cela ?

Mon livre est écrit. Ça ne me coûte rien que les gens le lisent. Mais qui sait ce que ça m’apportera, financièrement ou autrement, qu’ils le lisent ?

Peut-être qu’ils aimeront tellement le livre qu’ils le voudront en version papier. Peut-être qu’ils en achèteront une version papier pour leur mémé qui se sert de l’iPad qu’ils lui ont offert comme d’un marque-page. Peut-être qu’ils voudront travailler avec moi. Peut-être qu’on va devenir nouveaux meilleurs potes.

Dans Made with CC, les créateurs du jeu Cards Against Humanity rappellent ce que disait Walt Disney, qu’il ne faisait pas de films pour gagner de l’argent, mais qu’il gagnait de l’argent pour continuer à faire des films.

Bin voilà. Je ne veux pas raconter des histoires pour gagner de l’argent. Je veux gagner suffisamment d’argent pour pouvoir continuer à raconter des histoires. Parce que pour moi, c’est vital, et de toute façon, c’est plus fort que moi. Mais j’aime encore mieux quand elles ne restent pas dans ma tête et que je peux les partager.

Et je deviens enfin le changement que je veux voir dans le monde. Pas tout donner à mon détriment comme un martyr. Pas tout garder jalousement comme un dragon. Juste échanger, partager, aimer.

Alors, va, ma très chère. Partage l’amour, répand l’amour.

Tout commence là.

Eva

Tu aimes écrire? Ou tu as envie d’écrire ? Écrire, ça libère, et ça transforme. C’est pour ça que j’ai créé la Métamorphose par l’écriture, un accompagnement par courrier postal baigné de bonnes ondes !

3 réponses
  1. Martinez
    Martinez dit :

    J’aime beaucoup cette façon de faire. Guy kawazaki (si je ne me trompe pas) disait pareil. Partageons ce que nous savons. Effectivement, cela va sembler complètement dingue pour certaines personnes mais l’important n’est pas là. L’important est de connaître ses valeurs et de les faire exister à l’intérieur et à l’extérieur de soi.

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  2. Eva
    Eva dit :

    Ah, je ne savais pas que Guy Kawasaki avait dit ça, ça me donne envie d’aller découvrir ses livres, alors que j’étais un peu réticente jusque là… En effet, tout le monde ne comprend pas, les gens s’interrogent… Mais là, c’est bien plus qu’un échange purement financier (même si bien entendu, je ne crache pas sur les euros que ça pourra m’apporter !) J’ai hâte de voir ce qui va se passer 🙂

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  3. Sandra
    Sandra dit :

    J’adore ta démarche et encore plus la façon dont tu l’expliques, je trouve ça super inspirant ! J’ai hâte de tenir ton bébé entre mes mains (je suis au moins aussi accro à l’objet livre que ma grand-mère 😛 !)

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