Pourquoi les petites voix dans ta tête sont-elles aussi méchantes ?

Parfois, les petites voix dans ma tête sont méchantes.

Déjà qu’elles ne la ferment à peu près jamais, il faudrait en plus que ce soit pour me dire que je suis nulle, que je n’y arriverai pas, que j’assure pas un kopek, que ce que je fais ne sert pas à grand-chose, et qu’en plus, j’ai un gros cul ? Ah, et trouve-toi un vrai job !

Merci, mais non merci, les filles. Pas besoin d’ennemis quand on a de tels refrains dans la tête.

(En plus, j’te f’rais dire que je perds mon pantalon.)

Parfois, ça me met dans un tel état de stress que je me mets à tout noter.

Et crois-moi, jamais je n’irais dire des choses pareilles à une amie.

Ou à un inconnu. Ni même à quelqu’un que je n’aime pas, tiens.

Quand je commence à écouter ce que les vilaines petites voix dans ma tête ont à dire sur ma vie, ça peut rapidement devenir très violent.

Maintenant, j’essaie d’y être attentive. Ça ne veut pas dire que le discours s’est totalement arrêté, hein. Mais au moins, ça ne dure pas. Et je n’y accorde plus (trop) de crédit. Je me dis « tiens, c’est les vipères, les connasses, le censeur. »

Comme je te le disais la semaine dernière, ces petites voix, pour désagréables qu’elles soient, sont là pour une bonne raison : te protéger.

Mais… Comment ça te protège de te dire que ce que tu fais est nul et que tu as un gros cul ?

Tends un peu plus l’oreille. Écoute un peu plus attentivement. Avec tes tripes. (Oui, je sais, c’est horrible.)

Tu la reconnais, cette petite voix ? Identifies-tu à qui elle appartient ?

Non, ce n’est pas la tienne.

Il y a de bonnes chances qu’elle appartienne à quelqu’un qui t’a fait du mal. Qui t’a déjà dit ça, ou quelque chose d’approchant, ou que tu as compris comme ça. Même avec toutes les meilleures intentions du monde.

Ce sont les voix de parents, de professeurs, de mentors, de supérieurs, d’amis ou d’ « amis ». Qui t’ont critiquée avec plus ou moins de bienveillance.

La critique a touché une corde sensible.

Et tes petites voix te le répètent pour que tu n’aies pas à souffrir à nouveau en commettant à nouveau un « impair ». Tout simplement.

Tu vois, je t’avais dit que sous couvert de méchanceté, elles ne voulaient que ton bien.

Résultat… tu ne fais pas ce truc qui te fait vibrer ou qui t’amuse. Ou alors, en secret. Comme un plaisir coupable. Tu tournes ce que tu aimes à la dérision. Tu dis que ce n’est pas grand-chose, pas très important. Que c’est nul.

Et tu ne mets surtout pas de short.

Moi, ça me fend le cœur.

Parce que si ça appelle ton cœur, c’est important. Si tu écoutes les vilaines petites voix apeurées dans ta tête, tu tournes le dos à une part de toi. Une part essentielle.

Julia Cameron parle beaucoup de ce sujet. Comment les critiques de tout crin, les critiques « constructives », brisent les artistes naissants. Ça me renvoie aussi beaucoup à mon apprentissage de mère, mon apprentissage professionnel, mon apprentissage de femme.

Quelle pollution ! Quel gâchis !

Laisse-moi te raconter ce à quoi j’aspire pour toi.

Ce que je voudrais, c’est que tu fasses fi de ces petites voix toxiques. Je sais que tu ne les feras jamais totalement taire. C’est comme se battre contre l’hydre de Lerne. Coupe-lui une tête, et deux repoussent. Alors, économise tes forces : à moins qu’elles ne te paralysent totalement, contente-toi de les ignorer.

En fait, il y a des chances qu’une fois que tu auras identifié à qui appartient cette petite voix en particulier, que tu auras tout remis en contexte, elle te fichera la paix.

Elle aura perdu son pouvoir.

Dis-lui « Oh, je sais pourquoi tu me dis ça. Je sais qui tu es. Merci de vouloir me protéger. Mais je vais le faire quand même. »

Elles finissent par se lasser de s’égosiller et par la mettre en veilleuse.

Tu peux aussi leur dire qu’elles ont tort. Toi, tu trouves ton projet fantastique. Et tu te sens super bien en short.

Court-circuite-les.

Elles vont se trouver bien bêtes quand elles verront qu’elles n’ont plus tellement d’influence. Et quand elles vont voir comme tu es fabuleuse, elles vont être vertes !

Et puis, cultive un discours plus bienveillant envers toi-même.

Parle-toi comme à une amie. Même si au début, ça te semble artificiel. De toute façon, à chaque fois que tu vas sortir un peu de ta zone de confort, de nouvelles vipères vont pointer leur tête, et tes mots doux pour toi-même vont te sembler artificiels.

Tu t’en fiches. Fais-le quand même. Crois au pouvoir de la répétition. À force, tu vas finir par y croire.

Crois-moi, quand j’ai commencé à m’écrire tous les matins « je m’aime et je prends soin de moi », ça me faisait doucement rigoler. Sauf qu’aujourd’hui, si je l’écris toujours, c’est parce qu’inévitablement, ça me met le sourire aux lèvres.

Comme je le disais ici (enfin, en citant Mike Dooley), « thoughts become things ». Les pensées deviennent des choses.

Les mots sont tellement puissants. Et nous, on oublie qu’on a tous cette magie à notre disposition.

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. (C’est pas moi qui le dis, c’est l’oncle Ben de Spiderman.) Tu as un super-pouvoir : fais-en bon usage.

Construis de l’amour plutôt que de la peur.

**
Pas facile de te parler gentiment ? Je sais. La prise de conscience est super dure. Amorcer le changement encore plus. (Chasse le naturel et il revient au galop.) C’est dur, de s’aimer. En plus, on ne sait pas toujours à quoi ça sert. (Début de réponse ici.)

C’est pour ça que je t’invite à t’inscrire à 7 jours pour mieux t’aimer, le challenge tout doux tout bienveillant pour remettre un peu d’amour dans le quotidien des femmes sous pression.

On commence le 17 avril. Tu viens ?

 

Crédit photo : Oscar Keys via Unsplash

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