le temps et l'espace

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Nouveau ! Je  raconte des histoires directement dans ton oreille.

Eh non, je ne vais pas te parler de Stephen Hawking, même si les trous noirs, les étoiles et les galaxies, tout ça, forcément, ça chante des mélopées enchanteresses dans mes oreilles intérieures.

Encore que… On n’est pas forcément si éloignées du sujet.

Quand je repense à mes jeunes années d’entrepreneure et traductrice (j’étais aussi jeune maman), je courais après le temps. Tout était archiminuté, surtout que j’étais freelance, et que les deadlines de mes clients étaient souvent pour hier (maladie du siècle s’il en est).

Je vais pousser les murs, disais-je quand, toujours serviable, je voulais satisfaire tout le monde.

Mes années de salariat, avant, même chose, à de rares exceptions près, dont un job en Suisse, malgré 40 heures par semaine, 3h de transports par jour. (C’était une boîte sympa, mon équipe était merveilleuse, et j’avais beaucoup d’autonomie.)

Et avant ça, mes années d’étudiante, j’ai beau travailler à l’économie (efficacité et priorités, je savais sur quoi me concentrer), je suis très consciencieuse. Donc, même chose.

J’avais toujours l’impression que je n’avais pas le temps. J’étais épuisée, constamment. Mes week-ends, je les passais souvent à récupérer. Quand je ne bossais pas encore un peu.

Je rêvais du moment où j’aurais le temps.

C’est quelque chose que j’ai âprement défendu après ma sainte trinité deuil, dépression et burn-out. Mon temps. J’étais épuisée jusque dans mes os. J’avais besoin d’un temps infini pour récupérer. Toujours, d’ailleurs. Je ne suis pas sûre que ça reviendra comme avant un jour.

Quand j’étais lycéenne, j’écrivais assez régulièrement. J’aimais dessiner, aussi. J’aurais voulu passer mon temps à créer. Ce n’était pas possible, mais je prenais du temps pour ça. Je ne sais pas quand ça s’est arrêté. Au début de mes années étudiantes, je dirais. Les cours, les devoirs, les petits boulots, le premier petit copain sérieux.

Plus de temps.

Plus d’espace.

Aujourd’hui, j’ai beaucoup de temps. Ça a été une bataille pour disposer de tout ce temps. Surtout contre moi-même. Ça a demandé de déconstruire ce besoin d’être toujours occupée et dans l’action.

C’est bien, d’être occupé et dans l’action. Ça occupe toute la place. On n’a pas le temps de penser. Pas le temps de s’apitoyer. On met tout de côté, et on fait.

(Je suis en train de te donner la recette de comment faire un burn-out pour ne pas regarder son deuil en face. Je ne recommande pas.)

Et ce besoin d’être tout le temps occupée, je dis que j’ai mis longtemps de le déconstruire, mais j’aurais dû dire désherber. Parce qu’il revient tout le temps. Comme le liseron.

Avoir le temps, c’est une chose. Avoir l’espace, c’en est une autre.

Ce dont on manque le plus, au fond, ce n’est même pas de temps. C’est d’espace.

Quand je bossais en Suisse, j’avais 3h de transports par jour. Généralement, je partais à 6h30 de chez moi pour rentrer à 19h. Et malgré tout, pendant cette petite année, j’ai eu le temps de faire plein de choses en même temps. Parce que c’était un bon job, j’avais une bonne équipe, et une cheffe qui me laissait gérer mon truc tout en gardant un œil bienveillant sur mon travail (et m’a défendue bec et ongles la seule fois où on m’a embêtée). J’arrivais à laisser mon boulot derrière moi dès l’instant où je fermais la porte de mon bureau. Le temps que je m’assoie dans le car qui me ramenait chez moi, j’étais déjà loin.

Combien de jobs m’ont pourrie parce qu’ils me poursuivaient jusque dans mes rêves ? Combien de jobs m’ont laissée exsangue au bout de quelques mois à peine parce que, malgré mes 35h, je n’arrivais pas à fermer complètement la porte ?

Des jobs qui ne me laissaient aucun espace à moi.

J’ai un tempérament anxieux. Je pense beaucoup à tout, tout le temps. Je suis comme un petit hamster qui galope dans sa roue. C’est épuisant, d’échafauder tous ces scénarios, de réfléchir à mille milliards de trucs, tout le temps, constamment.

Ça peut vite prendre toute la place.

Tellement de place que je n’ai pas le temps de faire tout ce que je voudrais.

(Je sais comment arrêter, mais je ne le fais pas – encore – toujours.)

Avoir le temps, c’est une chose. Aujourd’hui, j’ai beaucoup de temps. Mais avant, j’en avais aussi. Des pauses déjeuner parfois bien longues, des soirées, des week-ends, des vacances, des périodes de chômage. Des nuits, même, moi qui ne suis pas une grosse dormeuse.

Mais je n’avais que rarement l’espace. Au mieux, je remplissais l’espace qu’il me restait pour ne pas avoir à trop penser à tout ce qui m’angoissait.

Ou je n’avais pas l’énergie, et c’est à peu près la même chose que de ne pas avoir l’espace. Je rentre de vacances, j’ai l’impression que ces quelques jours de coupure équivalent à mille ans, mais j’ai été malade au moment de reprendre. (Et non pendant, ce qui est un vrai progrès pour moi.) La semaine dernière, j’ai eu le temps, mais pas l’énergie. Et le temps que je refasse le plein d’énergie, ça a pris tout l’espace.

Courir après le temps est un des fléaux de notre époque, mais la vérité, c’est que nous manquons d’espace.

On croit manquer de temps pour réaliser ses rêves, mais le temps passe toujours, peu importe à quoi on l’occupe. Il passe qu’on l’occupe à réaliser nos rêves ou à scroller sur Facebook avec la télé en bruit de fond.

Ce dont on manque, surtout, c’est d’espace. D’espace mental, d’espace énergétique. D’espace pour que notre âme puisse s’exprimer, nous rappeler qui on est vraiment, au fond. On bloque tout l’espace, et on ne l’entend pas.

J’ai reconquis mon temps. Aujourd’hui, je fais le vœu de m’accorder aussi tout l’espace dont j’ai besoin.

Et parce que j’ai grave envie que toi aussi tu aies du temps et de l’espace pour te sentir aussi grande que tu l’es en vrai, je t’invite vendredi 30 mars à une journée pour revenir à toi, à Paris (dans un lieu encore indéterminé mais je te promets que ce sera mignonissime), en tout petit comité (6 place disponibles) pour que tu sois comme dans un cocon. Avec pour maître-mot la bienveillance, of course. Contacte-moi, ou clique sur l’image pour en savoir plus !

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