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10 mai 2014 – 10 mai 2017

10/05/14 - 10/05/17

Ma très chère Eva du 10 mai 2014,

Tu as l’impression que ton monde vient de s’écrouler. En fait, il vient d’exploser. Dispersés aux quatre vents, tes moindres repères !

Une petite voix te souffle à l’oreille « c’était pas le plan… mais ça va aller ». Fais-lui confiance.

Tu n’as pas la moindre idée de ce que tu ressens, je sais. Tu viens de te réfugier très loin à l’intérieur de toi. Seul moyen de survivre au choc, sans doute. Tu vas y rester longtemps, là, à l’intérieur de toi. Au moins un an avant que tu ne commences timidement à t’aventurer un peu à l’extérieur.

Je sais que tu es terrifiée. Mais sache que ta peur va devenir une de tes meilleures alliées, un de tes meilleurs indicateurs.

Laisse-moi te raconter ces 3 ans qui nous séparent…

C’est violent, ce que tu traverses. Incroyablement violent. D’ailleurs, 3 ans plus tard, je/tu/nous avons toujours cette espèce d’incrédulité, presque curieuse aujourd’hui…

Comment une chose pareille a-t-elle pu arriver ? Dans 3 ans, tu sauras que cette question n’a pas de réponse, et que de toute façon, elle n’est même pas intéressante. Au même titre que la question qu’elle masque : pourquoi ?

C’est violent. Tout change autour de toi, tu n’as quasiment rien à quoi te raccrocher. Fini, le chez-vous tout neuf que vous veniez d’acheter. Tu n’y remettras les pieds que le temps d’attraper l’essentiel : quelques vêtements, les papiers que tu triais méticuleusement à l’époque (désolée, tu vas beaucoup m’en vouloir), l’album photo, of course, quelques bouquins in-dis-pen-sables, des doudous, en fait. Et ton chat, qui n’a pas encore mauvaise réputation. (Tu vas découvrir que la notion de deuil et de déracinement chez les chats, tout le monde s’en fout.)

Retour chez tes parents (décision qui sera prise pour toi, mais que tu ne regretteras pas) avec ton fils et ton chat, avant de louer, très vite, un appart-maison de poupée, parce que tu ne supporteras pas. Tu ne supporteras pas grand-chose pendant longtemps.

Tu reprendras très vite, trop vite le travail. Tout le monde te dira que ça te fera du bien. Tu n’en croiras pas un mot (à raison). Tes clients sont peu nombreux, mais extrêmement fidèles. Ils vont te suivre et te soutenir, tu vas faire de ton mieux, même si ton mieux restera peu. Tu te diras que c’est normal que tu n’aies plus le goût, mais que ça reviendra.

Le fait est que ça ne reviendra pas. Ça t’insupportera de plus en plus. Mais tu vas t’y accrocher longtemps. Un an. Avec de moins en moins de goût, et de moins en moins de talent, ou peut-être de patience.

Week-end de Pâques 2015. Tu pleureras d’épuisement et de frustration, la tête douloureuse depuis des semaines, en traduisant ton dernier document. Un rapport sur comment faire des rapports en s’appuyant sur des rapports. Le truc qui révolutionne le monde.

Tu te diras que tu vas prendre quelques semaines. Puis quelques mois. Tu te diras que tu vas passer de la traduction commerciale à la traduction littéraire.

En septembre de la même année, tu annonceras, à la psy qui te suivra depuis un an que tu ne veux plus faire ce métier que tu pensais exercer jusqu’à ta mort. Ce sera toi la première surprise.

En fait, avant même que notre monde n’explose, tu commençais déjà à faire des plans pour faire évoluer ton entreprise et ta vie. Des plans auxquels tu ne donneras pas suite. D’une, parce qu’ils étaient finalement complètement à côté de la plaque, même si je persiste à dire que c’était bien, juste pas pour toi. De deux, parce que tu vas consacrer toute ton énergie à survivre à la journée, puis à la nuit, puis à nouveau à la journée.

Parfois, je me dis qu’à cette époque, nous ne devions pas être loin de mourir. Peut-être étions-nous déjà mortes à l’intérieur, et en sommes-nous revenues.

Ce qui te soutiendra, c’est l’invisible. L’invisible qui te fascinait tant quand tu étais gosse, et que tu as balayé d’un revers de la main en t’entourant de cartésiens purs et durs.

Puisque rien ne marchera, puisque ton corps se révoltera et que les anxiolytiques que tu goberas comme des bonbons quand tu feras des crises aiguës n’y changeront rien (désolée, mais tu n’as pas encore touché le fond, ma belle), tu iras voir ailleurs. Prête à tout essayer pour que ta vie redevienne supportable.

Aujourd’hui encore, tu n’avoues que du bout des lèvres et à un public choisi… Mais toutes ces personnes liées au monde de l’invisible, Sandra, Karina, Kim, Amel, ce sont elles qui te feront avancer à pas de géante, qui te sortiront de ton trou, te ramèneront dans la vie, et te révéleront à toi-même.

Pendant un temps, tu croiras d’ailleurs vouloir en faire ton métier… tout en sentant, une fois de plus, que tu es à côté de la plaque. C’est comme traduire : tu sais faire, et plutôt bien, mais c’est loin d’être ton tout.

Début 2016, tu clameras « fini le deuil, c’est mon année ». Tu vas être déçue. Parce qu’on ne déclare pas un deuil officiellement fini. Et parce que oui, ce sera ton année. Mais pas comme tu l’imagines. Ce sera celle où enfin tu apprendras à t’aimer, te respecter, t’écouter, et prendre soin de toi.

Tout ton travail avec l’invisible te permettra de te réconcilier avec une part importante de toi-même. À ce moment-là, et à ce moment-là seulement, tu auras toutes les pièces du puzzle en main (ou presque, mais suffisamment). Il ne te restera « plus qu’à » les assembler. Tu vas essayer dur, bille en tête. Tu n’auras pas de modèle. Tu essaieras d’assembler des pièces qui ne vont pas ensemble.

Des amies sœurcières te souffleront la dernière pièce. « Je crois que tu devrais être un peu plus gentille avec toi » sera ta phrase préférée de cette année-là.

Eurêka ! Tu auras bien compris que tu dois t’aimer, mais pas ce que ça implique. De te respecter et d’être une amie pour toi.

Dans le même temps, tu commenceras, enfin, à partager tes écrits pour de bon. Tu créeras un blog. Avec juste ton prénom. Tu seras perplexe sur tes noms pendant un bon moment. Tu te chercheras. Tu vas voir, tu vas enfin apprécier ton nom de naissance !

Tu te réconcilieras enfin avec toi-même. Tu te respecteras enfin (je me répète, mais c’est important). Je sais, ça semble incongru. Mais tu verras, ça change tout.

Tu essaieras encore très fort de faire ce que les gens attendent de toi. Pire : ce que tu crois qu’ils attendent de toi.

Tu constateras, comme quand tu voudras devenir énergéticienne, que ça ne marche pas comme ça.

Tu vas découvrir que ce qui fonctionne, ce qui touche les gens aux tripes, c’est quand tu te contentes d’être toi et de faire ce qui te passe par la tête. (L’invisible, encore.)

Tout simplement.

C’est fou, hein ?

C’est la leçon que je/tu/nous sommes en train d’apprendre. Émerveillement !

Tu vois, en partant dans les étoiles, ton homme, celui qui te gâtait tellement, te laisse une quantité de cadeaux dont tu n’as pas encore conscience.

L’amour de toi.

La liberté d’être enfin toi toute entière.

Bien sûr, là où tu es pour l’instant, cachée loin, très loin en toi, tu ne peux pas le voir. Ça doit te sembler de la science-fiction. Complètement irréel. Comme tout le reste, d’ailleurs…

Ça va te demander beaucoup de carburant d’âme.

Mais tu verras : dans 3 ans, tu auras conscience que tu n’échangerais pas une seule seconde de ta vie. Même les plus dures. Celles qui t’amènent là où nous sommes aujourd’hui, ce 10 mai 2017. Celles qui t’amènent à toi toute entière.

Je t’embrasse fort, et je t’envoie plein d’un amour beaucoup plus sincère que tu ne peux l’imaginer.

Eva, le 10/05/2017

J’écris…

Ma main court, court, court, et colore le papier de mille couleurs.

J’en ai noirci du papier depuis que j’ai retrouvé le chemin de l’écriture, puis qu’elle est devenue mon fil conducteur. Ma ligne de vie. Mon filin de sécurité. Ma planche de salut.

J’ai noirci les pages, je les ai bleuies, puis j’ai acheté des feutres, et depuis, mes pages sont de toutes les couleurs.

J’écris, puis je n’écris plus, et là, je perds le fil, le fil de ma vie, je me perds, je panique. Les moments où je n’écris plus sont les pires. Ce sont ceux où je me cache les yeux, où je ne veux pas voir, où Grand Monstre Peur fait son grand come-back.

Je me débats, je manque de me noyer, puis je retrouve mon filin de sécurité, et l’oxygène au bout de la ligne. Quand je trouve toutes les bonnes raisons de ne pas écrire, je manque d’oxygène.

J’écris pour savoir ce que je pense. Ça ne veut pas dire que tout mon être et tout mon corps ont compris, certainement pas, mais au moins, je sais ce qui m’occupe et me préoccupe.

J’écris pour comprendre ce qui se passe dans ma vie. Les choses semblent avoir souvent si peu de sens… Je n’écris pas pour savoir pourquoi, ça ne sert à rien, pourquoi. J’écris pour savoir ce que ça implique dans ma vie. Pourquoi, comment ça marche, peu importe, finalement. Mais qu’est-ce que ça veut dire pour moi ?

J’écris pour savoir quoi faire, et ma foi, je suis d’assez bon conseil, une fois que je daigne m’écouter.

J’écris pour trouver des solutions. Parfois, les solutions viennent alors qu’il n’y a même pas de problème.

Parfois, j’écris des histoires, des fictions. Je danse un peu sur le fil, avec elles. Je ne sais pas quoi en penser. Elles sont sombres, violentes. Je m’étonne, je m’émerveille de les voir s’écrire presque toutes seules. J’aimerais dire que je me demande d’où elles viennent, mais je sais qu’elles sont le reflet de ma part d’ombre. Je les trouve belles comme des fleurs vénéneuses. Elles me fascinent, et m’effraient un peu.

C’est incroyable ce qui surgit sous ma main quand je commence à écrire sans trop y réfléchir. Ah, réfléchir, c’est ça qui tue ma ligne de vie. Je réfléchis trop, j’hésite, je barre et barbouille, ma ligne de vie s’interrompt.

Quand j’ai trop réfléchi et que les mots boudent parce que je les ai trop jugés, parce que j’ai essayé de les enfermer dans des cases, je prends des pastels, de la peinture, et je barbouille. C’est presque le même geste. Je fais des taches, je les étale, je refais des taches. Parfois, un mot finit par venir leur faire un câlin. Sinon, ça suffit à ce qu’ils sortent de leur cachette.

On en revient toujours au papier.

J’écris pour savoir qui je suis, ce qu’il y a au fond de moi. Pour savoir ce que je veux pour moi, pour mon fils, pour le monde.

J’écris, et je me mens, parfois. Mais je le sais toujours. Je me demande « vraiment ? » Parfois, je finis par avouer la vraie réponse. Parfois, je ne réponds pas, et je sais que j’ai menti.

J’écris pour trouver un peu de sens dans le monde, parce que franchement, souvent, je n’y comprends rien, parfois tellement rien que ça me fait mal.

J’écris pour mettre de l’ordre dans ma vie, dans ma tête. Dans mon cœur et dans mes tripes. C’est presque comique, pour une bordélique comme moi. Mais le désordre ambiant ne me gène pas. Je finis toujours par trouver l’ordre sur la page.

J’écris pour arrêter le tourbillon des pensées dans ma tête. Tant que je ne les ai pas posées sur le papier, elles continuent à tourner, m’étourdissent, me donnent le vertige, m’épuisent. Je ne dors plus, j’ai envie de hurler. J’ai envie de leur dire « j’ai compris, c’est bon maintenant », mais autant crier au vent d’arrêter de souffler. Mes pensées ne s’arrêtent que quand je leur offre un mur de papier.

J’écris parce que pour moi, c’est le meilleur moyen de faire sortir la douleur. Parfois le seul moyen. Les larmes, les cris ne suffisent pas. Je vomis ma peine sur le papier. Et si ça fait trop mal, si c’est trop moche, trop horrible, je brûle les mots. Ils s’envolent en fumée, et un peu de ma peine avec eux.

J’écris parce que ça me libère et ça me guérit.

Et plus ça va, plus l’envie me chatouille de vous faire écrire et d’écrire avec vous.

Dès la semaine prochaine, je vous accompagne vers vous grâce à la Libération par l’écriture, un coaching 100 % écrit avec des mots doux, des bonnes énergies et des timbres postes.

L’envie de mélanger votre plume à la mienne vous démange ? (Oui, ça chatouille, ça démange, ça se mélange, mais franchement, où y’a d’la gène, ya pas d’plaisir !) Inscrivez-vous à ma newsletter pour ne rater aucune info :  je n’accompagnerai qu’un nombre limité de personnes chaque mois, pour avoir tout le temps de vous écrire de looooongues lettres personnalisées.

Hiiiiii, j’ai hâte !!!!

 

Photo by moi-même 🙂 Oui, j’écris toujours mes articles à la main ! Je vous raconte pourquoi très vite.

 

 

2016, année du FUN ?

Depuis 2013, j’ai succombé à cette pratique toute anglo-saxonne de choisir un mot pour guider mon année. J’ai bien aimé, alors j’ai persisté.

En 2013, c’était amour, en 2014, abondance, en 2015, égoïstation (néologisme piqué à Anne-Claire, essentiel dans mon retour vers moi). Et l’année dernière, c’était fun. Que j’ai quasi systématiquement écrit FUN, parce que tout de même, le fun, ça exige bien des majuscules.

On ne peut pas dire que l’actualité ait été bien brillante ni bien fun tout au long de l’année, mais ça, je n’ai aucune prise dessus, tout au plus sur ma manière d’y réagir. Mais moi, qu’ai-je donc fait en 2016 ? Et surtout, était-ce FUN ?

L’aventure intérieure

J’ai énormément appris sur moi.

Couche après couche, je me suis défait de peurs et de croyances qui me paralysaient.

J’ai avancé sur le chemin du deuil. En notant les choses dont j’étais fière pour dresser mon bilan de 2014 et 2015, la première qui me venait à l’esprit, c’était « je suis debout bien que blessée » (c’est un vers du poème Invictus, qui m’a beaucoup portée quand j’étais dans le noir). Cette année, non. Pas besoin. Je suis simplement debout. Et ça, en soi, c’est une sacrée victoire.

J’ai réglé son compte à un démon de mon passé, quand le fantôme d’un triste sire de sinistre mémoire s’est rappelé à moi de manière non moins sinistre. Ça, c’est mon silence de cet automne : c’était lourd, et ça m’a obligée de faire face à des traumas que je préférais ignorer royalement, mais qui, je m’en rends compte, me paralysaient encore des années plus tard. Je me suis sentie incapable d’écrire sur autre chose, mais aussi de partager cela. J’imagine que ma réflexion sur le sujet n’est pas encore assez mûre, il me manque encore le recul pour raconter à quel point ces semaines, pour désagréables qu’elles aient été, ont été intéressantes.

Quand j’y pense, à 35 ans dans quelques semaines, ma vie a été riche de traumas et douleurs divers et variés. Comme nous tous, en fait. Heureusement, aujourd’hui, je suis un peu plus sage, et j’ai plein d’outils pour transformer tout ça, notamment énergétiquement. Eh oui, tout est lié !

J’ai appris à m’aimer. C’était au cœur de mes grandes intentions pour cette année (me reconnecter à moi-même, et remettre mes priorités à leur place, le self-love étant tout en haut de la liste), et j’y ai mis beaucoup de zèle. Et puis, cet été, je me suis rendu compte que j’avais beau croire que je mettais en pratique, je n’y étais pas, mais alors pas du tout. Très simplement, je ne me traitais pas avec respect, je ne me traitais pas comme je traite les gens que j’aime.

Une fois de plus, je suis allée au fond du problème énergétiquement, et j’ai dénoué les nœuds qui me retenaient prisonnière en pleurant comme un veau. Je ne me vénère pas encore comme une déesse, mais franchement, je n’en suis pas loin !

Et quand je me prends à faire des trucs qui me nuisent, je m’attrape rapidement. « Eva, c’est pas très self-love, tout ça ! »

Degré de fun : je ne vais pas mentir, ça n’a pas été un pique-nique à la plage (même s’il y a eu des pique-niques à la plage). Mais j’ai envie de dire que c’était un mal nécessaire. Le fun n’était pas dans le chemin, mais là où le chemin m’a amenée, là où je suis aujourd’hui, ou, comme je l’ai noté dans mon fidèle carnet : le fun n’est pas dans le faire, mais dans le ‘a fait’ et ses conséquences. Je suis fière de là où je suis aujourd’hui, et quand je regarde en arrière, je suis fière du chemin que j’ai parcouru ces dernières années. Et aujourd’hui, comme j’ai beaucoup moins peur et je m’aime beaucoup plus, c’est beaucoup plus fun d’être moi. Ensuite, c’est beaucoup plus facile de m’attaquer à des choses que je trouve difficiles, parce que je peux plus facilement dérouler « oui, mais si je le fais, ça va avoir telles et telles conséquences, et ça va m’amener là, alors ça en vaut la peine même si c’est pas fun là tout de suite maintenant ».

Danser de joie

Ma dernière grande intention pour 2016 était de laisser s’exprimer mon monde intérieur.

Alors, j’ai secoué ma créativité. Je n’ai fait que 8 des 12 semaines de Libérez votre créativité, de Julia Cameron, mais ça a déjà été diablement efficace. En fait, je crois que je suis allée au bout de ce que je pouvais faire à ce moment-là. (Objectif 2017 : aller jusqu’au bout des 12 semaines !)

J’ai définitivement adopté les deux pratiques clés que propose Julia Cameron : les pages du matin, et le rendez-vous avec l’artiste.

Les pages du matin consistent à écrire trois pages au réveil (ce n’est jamais aussi efficace que quand on a encore les yeux tous crottés, mais ça, ce n’est que mon humble avis), de tout ce qui nous passe par la tête. Ça permet de vider d’emblée son sac de tout ce qui nous empoisonne et d’attaquer sa journée avec les idées claires. Et, comme le souligne Julia Cameron, c’est difficile de se plaindre comme ça jour après jour sans chercher, puis trouver des solutions. Je suis par exemple convaincue que mes pages ont joué un rôle capital dans ma réconciliation avec le sommeil. (On était très fâchés quand j’ai commencé, alors forcément, au réveil, je n’avais pas envie de parler d’autre chose.)

Le rendez-vous avec l’artiste, que je n’avais pas du tout compris quand je m’étais penchée sur la question pour la première fois il y a 3 ans, consiste à s’accorder une heure ou deux (une demi-journée, une journée entière, wouhou, soyons fous !) toutes les semaines, en tête à tête avec soi-même pour « remplir le puits ». Faire le plein d’énergie et d’inspiration. C’est la récré, quoi. Pour moi, ça s’est souvent résumé à une sortie au ciné en solo, et si vous saviez comme le cinéma m’a manqué, moi qui étais une mordue quand j’étais ado ! Bien plus que je ne m’en rendais compte.

Résultat, j’écris bien plus régulièrement, et je me suis autorisée à m’amuser davantage avec mon appareil photo ou mes pinceaux (moi qui me considérais comme « tout sauf graphiste » – on s’en fout, je m’amuse). J’ai chanté et dansé dans ma cuisine, avec mon fils ou toute seule, et ça, c’est libérateur. J’ai même ressorti le vieux synthé de mon adolescence du grenier de mes parents. Minute nostalgie option fou rire !

Degré de fun : j’ai commencé cela parce que je n’arrivais pas à écrire. Je me sentais franchement constipée, et c’était d’autant plus pénible que je voyais bien que c’était mon mode d’expression privilégié. Et on ne va pas mentir, même si j’ai encore des résistances et quelques croyances toutes pourries à débusquer, les résultats sont là. Surtout, je crois que ça a débordé dans tous les autres aspects de ma vie. Je ne m’en rendais pas compte, mais la créativité est fortement liée à l’amour qu’on se porte. Et qui dit amour dit confiance. Et puis, ça a fait beaucoup de place dans ma vie pour accueillir la joie. C’est pas beau, tout ça ? (Si, carrément.)

Une histoire de métamorphose

En plus de ma thérapeute chérie, je me suis fait accompagner par Lyvia de Lyvia Débloque pour libérer mes idées (à tout casser), puis par Amel des Ailes de mon âme, pour me reconnecter à mon âme. (« Je laisse s’exprimer mon monde intérieur » et « je me reconnecte à moi-même », j’dis ça, j’dis rien. Ce n’était même pas voulu comme ça, je m’en rends compte en écrivant. Je les ai suivies parce que c’était la bonne personne au bon moment, mais c’est là.)

J’ai participé à des ateliers de Morgane Sifantus, de Cécile Bonnet et de Nathalie de Cristal d’Ö, et je ne sais pas exactement ce qui s’est passé, mais à chaque fois, ça a été des moments pivots, des moments de transformation, et j’en suis repartie différente de ce que j’étais en arrivant. Délestée de poids inconscients. Un peu plus moi-même.

Du coup, début décembre, j’ai fini par rompre avec ma thérapeute chérie. On s’aimait beaucoup, mais fallait se rendre à l’évidence, notre histoire était finie. Je ne sais pas qui était la plus heureuse de nous deux !

Surtout, je crois, je suis arrivée « de l’autre côté ». De l’autre côté du gouffre qui s’est ouvert sous mes pieds il y a deux ans et demi. C’est long, deux ans et demi. (Et très court, en même temps.) Mais je crois que c’est le temps dont j’avais besoin pour arriver au fond du noir et vraiment retrouver la lumière. La vraie lumière, celle du soleil, pas celle crue, blafarde, écrasante d’un néon. Ma vraie lumière à moi, celle qui vient du dedans, celle dont j’étais en quête.

Tout au long du chemin, j’ai toujours eu le nez pour savoir quand je passais des étapes. Les cycles ça va/ça va pas s’enchaînaient, et parfois, quand un cycle commençait, je me disais « tiens, celui-là, il n’est pas comme les autres. Je suis passée à autre chose ». (De quoi à quoi était souvent un mystère. Je ne suis pas sûre que c’était important.)

Ces dernières semaines, la sensation, c’était « là, ce sont les derniers trucs avant un nouveau grand cycle, avant de passer à une autre période de ma vie ». Et aujourd’hui, je sais que ces derniers trucs sont derrière. L’abyme au bord duquel je cheminais est devenu simple fêlure. Et il en faut, des fêlures, pour laisser passer la lumière !

(Vous avez remarqué comme je parle toujours de « trucs » ? J’ai une vision super précise de la vie ! Enfin, c’est surtout que pour moi, tout est lié.)

Comme jusque là je ne me suis pas trompée, je crois pouvoir dire que c’est bon. J’attaque quelque chose de neuf, avec une confiance, une curiosité, une envie et une foi que je n’avais jamais connues !

Degré de fun : c’était le côté sympa de mon aventure intérieure. Celle qui se projetait sur construire du fun, celle qui s’appuyait sur la guérison des blessures du passé. Bien sûr, il y a eu des moments troublants, des résistances, ce n’a pas toujours été confortable, mais que voulez-vous, c’est ça aussi, le stade bouillie. Surtout, c’était excitant. Je pense qu’il y avait quelque chose de soulageant de vivre cela en parallèle de toute ma plongée au plus sombre de mes ténèbres intimes. Quelque part, j’acceptais toute la difficulté de cette plongée parce que je savais que ça m’emmenait vers tout ce que cette métamorphose promettait. C’était ça, la carotte. Et c’était une belle carotte !

Eva raconte

J’ai commencé ce blog, avec à la base l’idée d’y publier tout ce qui me passait par la tête. Finalement, je crois que je réfléchis encore un peu trop, et du coup, je n’ai pas autant publié que je l’aurais voulu. Malgré tout, je suis contente de presque tous les bébés que j’ai publiés (ce n’est pas un lapsus, chaque billet est mon bébé), et touchée par l’accueil que vous leur avez fait ! C’est plein d’amour, tout ça !

J’ai expérimenté et joué avec le reiki, et l’énergétique de manière plus générale. C’est fun, c’est souvent confondant de facilité une fois qu’on a rangé son cerveau au placard (« Mais… c’est tout ? »), et diablement efficace, alors franchement, pourquoi s’en priver ? Ça a été un support essentiel de ma métamorphose, alors quand je vous en parle, c’est que je l’ai expérimenté moi-même, c’est un récit de première main !

J’ai offert des soins, et je me suis aussi fait payer pour ça. Je vends très mal tout cela, même si je sais que ça fait beaucoup de bien aux gens qui les reçoivent. Aujourd’hui, je vois que c’est parce que ce n’est qu’une partie de ce que je veux vous offrir. Je suis en train de dessiner les contours de cela, de relier les points, et ça, je crois que je ne pouvais pas le faire tant que je n’avais pas réglé tout ce que j’ai réglé cette année.

J’ai beaucoup rêvé et rêvassé. J’accepte que ça me prend du temps, beaucoup de temps, et que c’est comme ça que je construis. J’ai d’abord une idée vague, et puis elle se précise. Je repère les points à relier. Parfois, ils sont bien cachés. Parfois, le motif est franchement compliqué. (Mais ça, je soupçonne que c’est parce que je n’ai pas encore trouvé tous les points.) Parfois, je suis surprise de voir comme ça et ça et ça se relient, et comme maintenant que je le vois, je ne peux pas le « dé-voir », c’est comme le nez au milieu de la figure.

En ce moment, je crois qu’il faut que je relie des points numérotés, mais aussi d’autres avec des lettres, et qu’en plus, il y a un code couleur pour colorier et enfin voir le motif multidimensionnel.

Pas grave, ces dernières années, j’ai appris la patience. J’ai appris que me précipiter et vouloir aller plus vite que la musique ne me valait rien de bon. Récemment, une amie m’a dit « le temps n’existe pas, mais le timing, oui. Il faut faire les choses dans l’ordre. » Bin voilà, je ne peux pas colorier tant que je n’ai pas relié tous les points. Et le meilleur moyen pour ça, pour moi, en tout cas, c’est de rêver.

D’ailleurs, rêver est un art. Mathieu l’a bien compris, et je suis super fière de notre premier billet collaboratif. Un autre est en train d’être rêvassé 🙂

Degré de fun : vous rigolez ? C’est mon terrain de jeu ! C’est mon exutoire, c’est là que je m’amuse, c’est là qu’il n’y a pas de limite à part celles que je m’impose, et je m’en impose de moins en moins. Eva raconte des histoires, c’est encore un tout petit bébé, mais il grandit de minute en minute, d’histoire en histoire, à chaque fois que mon feutre se pose sur mon carnet, à chaque fois que je rêvasse en remuant mon café, à chaque fois que mes doigts se mettent à taper quelque chose pour vous répondre, ou pour vous donner un peu d’amour. C’est le degré ultime du FUN !!!

Et puis sinon, en vrac…

J’ai beaucoup réfléchi à notre manière de consommer, et puis sur un coup de tête, à la rentrée de septembre, j’ai dit à mon fils « allez, on fait zéro déchet ». Quand on ne le fait pas, c’est généralement pour des produits fermiers locaux vendus sous vide. On avance petit à petit, mais notre poubelle a déjà bien maigri. Et moi aussi, malgré les fournées de biscuits maison que je dévore avec autant d’enthousiasme que mon fils. (C’est du bon gras, le vrai beurre de Normandie !) Prochaine étape, installer un composteur adapté à nos besoins, ceux proposés par la ville étant trop gros pour nos besoins.

Mon fils et moi avons retrouvé des relations plus saines avec le sommeil, et des relations plus simples l’un avec l’autre. On se scotche moins, et je crois que ça nous fait le plus grand bien à tous les deux de pouvoir enfin vivre une partie de notre vie chacun de notre côté !

J’ai pris des passeports pour Disneyland, et je crois que de mon fils et moi, c’est bien moi la plus excitée à chaque fois qu’on y va. Si jamais vous y croisez une tornade rousse qui court en traînant un p’tit chouchou tout de Flash McQueen vêtu par la main, c’est moi. (En vrai, j’ai 4 ans.) (D’ailleurs, on y était ce week-end. On a eu froid, mais c’était hyper FUN !)

On a traîné nos guêtres en Irlande, à Londres et à Paris, et on a envie de repartir à l’aventure. Mon fils veut aller en Allemagne, à San Francisco et sur la route 66 (et avoir des passeports chinois et américain en plus de son passeport français, souhaitez-lui bonne chance), moi je penche plus pour Rome, New York, Bali et l’Australie. (Je ne dis pas qu’on fera tout ça cette année.)

J’ai dansé costumée dans un cinéma où était projeté le Rocky Horror Picture Show. (Ça m’a inspirée.) J’ai chanté sous la pluie. (Et on m’en parle encore.) On n’est pas obligé d’aller loin et de faire des trucs de ouf pour trouver son fun et le distribuer autour de soi.

J’ai vécu des aventures extraordinaires dans des fauteuils de cinéma ou installée dans mon canapé.

J’ai fait le plein de love avec des discussions incroyables IRL ou en ligne, sur des sujets parfois hallucinants, avec des gens au moins aussi incroyables. Ça a été une année riche de rencontres et d’amitiés. [Cœur avec les mains.]

Et puis surtout, il y a vous. Vous qui commentez bruyamment, ou qui me lisez en silence derrière votre écran. Vous qui sautez avec enthousiasme sur chacun de mes soins, ou qui n’avez pas encore envie de tester, ou qui n’y croyez pas vraiment. Vous qui m’avez tenu la main pendant ce bout de chemin difficile, mais passionnant, et qui j’espère avez aussi soif de nouvelles histoires que moi.

Merci à vous tous, du fond du cœur <3

Ouep, 2016 a eu des côtés bien pourris, que ce soit dans ma vie ou à l’échelle du monde. Mais je choisis de n’en garder que le FUN !

 

Crédit photo : Brooke Lark via Unsplash