S'aimer est le plus beau des cadeaux

S’aimer est le plus beau des cadeaux

S’aimer est le plus beau des cadeaux qu’on puisse s’offrir, mais aussi qu’on puisse offrir aux autres.

En s’aimant soi, nous ôtons toute pression sur les autres. Nous ne comptons plus sur eux pour recevoir l’amour dont nous avons besoin. Ça ne veut pas dire ne plus recevoir d’amour de leur part. Au contraire. Mais cet amour sera la cerise sur le gâteau.

Longtemps, j’ai cherché à combler un vide, un gouffre en moi. J’étais affamée d’amour. Tout ce que je faisais (et je pense que ce « tout » est quasi littéral), je le faisais pour qu’on m’aime.

Corollaire : j’avais besoin que tout le monde m’aime. Si je soupçonnais qu’une seule personne pouvait ne pas m’aimer, même juste un « je l’aime bien, elle est gentille », j’étais anéantie. Bonjour l’angoisse sociale, parce que, flash info, c’est impossible d’être aimé par tout le monde.

Cette simple idée me laissait dévastée. Tout comme une note un peu moyenne à l’école, un prospect qui trouvait mon devis trop cher, ou un inconnu qui ne répondait pas à mon sourire. (Oui, je souris aux inconnus, parfois, quand j’ai l’impression qu’il existe une connivence entre nous. Je le fais toujours. Pas pour qu’il m’aime bien, mais pour semer des graines de joie autour de moi.)

Corollaire : pour que tout le monde m’aime, je devais me comporter de manière à ce que, eh bien, tout le monde m’aime. Autrement dit : tout et son contraire, mais surtout pas ce dont moi j’avais envie. Surtout pas être juste moi-même. Et dommage pour les gens qui percevaient cette moi-là, et qui l’aimaient bien.

Corollaire : j’étais souvent malheureuse parce que je n’avais pas, ne faisais pas, n’étais pas ce que je voulais, une rêveuse mordue d’histoires et de magie. Pire, essayer d’être une conquérante hyper extravertie, le rôle que j’ai le plus tenté d’endosser, ne fonctionnait pas du tout. Ça ne marchait pas, ça m’épuisait, et je me demandais à quoi rimait le monde. (Ça, je me le demande toujours, mais je le prends avec plus de philosophie.)

Corollaire : je me suis retrouvée plus souvent qu’à mon tour coincée dans une situation où je me sentais hyper mal, et où, par conséquent, je donnais tout sauf le meilleur de moi-même.

Corollaire : c’était décevant. Pour les autres comme pour moi.

Bref, échec total.

Tout ça parce que j’avais cette faim insatiable d’amour.

Finalement, c’est la même chose que me plaindre d’avoir un gros cul alors que je reste vissée sur mon canapé en me bâfrant de gâteaux.

C’est essayer de combler un manque de la manière la plus inefficace qui soit.

Eh oui : si je me bâfre de gâteaux comme ça, c’est rarement parce que j’ai vraiment faim. Et je passe rarement des heures à mater des vidéos de chats parce que je n’ai rien à faire. Le plus souvent, c’est dans la tête. Il y a un manque, ou un vide, ou un problème qui coince, et je cherche à le remplir/le contourner/l’anesthésier comme je peux.

Moi, je faisais ça avec l’amour.

J’essayais de combler un manque d’amour, non pas parce que je n’en recevais pas, loin de là, mais parce qu’il me manquait le plus important : le mien.

Et au fond de moi, j’étais triste, je me sentais mal aimée. Je pense qu’une part de moi se plaignait de tout ce manque d’amour, option « c’est vraiment trop inzuste » et « moi qui ne suis qu’amour ». (Ouh, c’est moche moche moche à admettre !)

Bref, je me plaignais, mais je ne faisais pas le nécessaire pour renverser la situation.

Le chemin a été long, depuis la prise de conscience, jusqu’au moment où j’ai compris dans mes tripes, puis celui où j’ai commencé à renverser la vapeur. Jusqu’à aujourd’hui, où ça va plutôt pas mal, merci. J’en ai parlé et , et aussi un peu sur Facebook (genre ici).

Et je trouve que ça a changé beaucoup de choses.

Avec les autres, d’abord. Aujourd’hui, je reçois leur affection et leurs mots doux avec gratitude, et non plus avidité, et je trouve la quasi-totalité de mes relations plus libres, plus légères, et plus joyeuses. Je ne leur impose plus le devoir écrasant et inconscient de combler mes besoins, comme une gamine tyrannique.

Avec moi, ensuite. Ç’a été déroutant, parfois, souvent, de me retrouver face à moi-même, et de me demander « OK, de quoi j’ai envie ? Qu’est-ce que je veux faire, moi, juste moi, pour moi ? » Parce que parfois, souvent, je n’avais pas la réponse. Je pouvais me sentir sous pression pour faire des choses, quand j’étais par exemple en vacances toute seule, que personne ne m’attendait à telle heure, ou attendait quoi que ce soit de moi.

À chaque fois que j’ai pris conscience de cela, je me suis sentie piteuse, misérable. Et aujourd’hui encore, il est facile de retomber dans ce travers.

Tout comme, maintenant que j’en suis de plus en plus consciente, il est facile de faire souvent les mêmes choses, de tomber dans une routine que je n’ai pas demandée, juste parce que c’est facile. (Yes ! J’ai trouvé des choses où je suis bonne et qui me plaisent bien. Je ne vais plus faire que ça !)

Blague à part, ça m’a pris du temps pour voir ce que moi je voulais dans la vie, sans passer par le prisme de ce que les autres attendaient de moi. Car bien souvent, ce n’était que ce que je croyais qu’ils attendaient de moi. (Sans rire, vous avez des montagnes d’expectative envers tous les gens que vous connaissez, et aussi ceux que vous ne connaissez pas encore ? Parce que c’était à partir de cela que je fonctionnais.)

Ça m’a pris du temps, ensuite, pour accepter que je pouvais le faire, et que ça n’empêcherait pas le monde de tourner. Que bien au contraire, ça le change peut-être un peu, à ma petite échelle.

Et que peut-être, certains arriveraient au bout de cet article le sourire aux lèvres. Un peu différents. Un peu plus eux-mêmes.

 

Crédit photo : Giulia Bertelli via Unsplash

4 réponses
    • Eva
      Eva dit :

      Le tout, c’est d’en avoir conscience, ma belle… au fur et à mesure, on se remet de plus en plus facilement sur le bon chemin. Mais c’est long, très long, je comprends <3
      Je suis contente si ça te fait du bien !
      Des bisous <3

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