la clé de votre vie est entre vos mains

La clé de votre vie est entre vos mains

La semaine dernière, j’ai trouvé une clé dans mon jardin. Une clé pleine de terre, toute rouillée, mais ouvragée, très jolie. Elle m’attendait sur le rebord de l’escalier juste devant ma porte d’entrée. Peut-être l’ouvrier qui travaillait chez moi l’avait-il trouvée puis laissée là. Moi, je l’ai prise comme un cadeau : l’univers m’offrait cette jolie chose, et ça me mettait le cœur en joie.

Et en effet, je passais une semaine joyeuse, jusqu’à ce qu’elle ne le soit plus. Il y a eu cette journée, de celles où tout va de travers. J’étais déjà ronchon lorsque l’ouvrier m’a appelée pour savoir si j’étais chez moi. Non, parce que là, il avait fermé la porte, et la clé était à l’intérieur. Sur la porte.

Je n’étais pas chez moi.

Vu l’heure, je me suis réfugiée chez mes parents pour la nuit. Je me suis plainte, j’ai ronchonné sur la porte, sur ma carte de cinéma qui n’était pas passée, sur le café que j’avais commandé et qui n’était pas ce que j’attendais, « et puis comme je suis de mauvais poil, j’ai croisé plein de gens pas cool. »

Mais je reste rarement longtemps ronchon. Je raconte ma clé cadeau. Illumination : « oh, j’ai un truc avec les clés à résoudre. »

Il y a une phrase qui revient souvent en ce moment quand je discute avec moi-même, ou l’univers, ou qui/quoi que ce soit qui me prend.

«  Tu sais déjà : tu as toutes les clés. »

Ce qui me laisse parfois comme une poule devant un couteau. Comme quand je m’écris « en fait, c’est facile », dans des contextes je trouve ça tout sauf facile.

Oui, je discute avec mes émotions, des concepts, des mots qui tombent comme ça sur le papier, des formes que j’ai griffonnées, des pierres que j’aime bien, ou qui que ce soit qui veut bien me répondre. Si je ne sais pas quoi demander, j’ai une trame que j’aime bien suivre. Là, par exemple, ça donnait ça :

Bonjour clé, qui es-tu ?

Je suis la clé des champs, la clé des cœurs. Oui, cela va ensemble. Tu sens cette liberté, cette légèreté ? C’est moi. Moi qui te permets de courir librement, cheveux au vent, comme dans La petite maison dans la prairie. Je suis la clé vers une vie plus simple, plus libre, plus créative. Je suis la clé de ta prison, celle tu t’es enfermée toute seule. Voilà, maintenant, tu peux en sortir. Tu n’as plus d’excuses.

Qu’as-tu à me dire ?

Que ce qui te bloque vient de toi. Chaque fois que tu te sens coincée, que tu ne te sens pas bien, tu as la clé pour en sortir. En fait, tu n’as même pas besoin de clé. Quand tu n’y penses pas, quand tu fais les choses spontanément, sans calcul, tu passes des portes verrouillées sans avoir besoin de clé. C’est aussi simple que ça. Tu as juste à le faire. Chaque fois que tu te sens bloquée, remercie ton blocage de t’avoir protégée, puis dépasse-le. Chaque fois que tu te sens mal, remercie ton émotion, ta sensation de t’avoir signifié que quelque chose n’était pas aligné, puis avance sur ton chemin, alignée, libre, joyeuse. Tu as la clé pour tous tes problèmes, tous tes mal-être.

Que puis-je faire pour toi ?

Utilise-moi autant que tu le souhaites. Déverrouille toutes les situations qui te bloquent. Déverrouille les cœurs, déverrouille la joie, déverrouille la créativité. Tu es libre, prends-en conscience et prends-en la mesure. Il n’y a rien que tu veuilles faire qui soit impossible. Tu es bien plus libre que tu ne le crois, alors déverrouille tes chaînes, et apprend aux autres à déverrouiller les leurs. Feel the joy. Sois libre. Illumine le monde de ta liberté.

Merci clé. Merci pour tes conseils, et merci d’être venue me trouver.

(Toujours remercier !)

(Ma trame, c’est donc : qui es-tu ? Qu’as-tu à me dire ? Que puis-je faire pour toi ?)

(Vous avez vu, ça l’a encore fait, le truc de « c’est facile ».)

(J’arrête les digressions.)

J’aime bien les envolées lyriques et parfois grandiloquentes de ces dialogues. Même si régulièrement, je me dis « je ne sais pas ce que je prends, mais c’est de la bonne. »

Mais quand j’y reviens un peu plus tard, je retrouve souvent des éléments qui résonnent (et raisonnent). C’est vrai qu’en ce moment, je me sens un peu coincée, et je dirais même coincée hors de chez moi. Ou quand le monde matériel rejoint la métaphore.

C’est vrai aussi que j’ai toutes les clés pour entrer.

Je sais quoi faire, je sais à qui demander de l’aide. Je ne le fais pas toujours.

Si je ne fais pas le nécessaire, rien ne sert de râler contre la terre entière. Soit j’assume ma mauvaise volonté, soit je cherche à comprendre pourquoi (mon bénéfice secondaire), soit j’agis et j’ouvre la porte.

Et puis, quand je relis la fin… c’est vrai que dans les choses auxquelles j’aspire, il n’y en a pas beaucoup qui soient impossibles. Et encore, s’il y a peu de chances que je devienne astronaute (trop de boulot), qui sait, je verrai peut-être le tourisme spatial se développer de mon vivant.

J’ai un nouveau jeu de clés.

L’ouvrier a trouvé un moyen de réparer sa bêtise sans que je m’en occupe, et la porte qui accrochait un peu s’ouvre maintenant sans problème. Je suis sortie de la liste noire de mon cinéma. J’ai retrouvé ma cafetière préférée. J’ai vu des gens super chouettes.

La clé de ma belle vie est entre mes mains.

 

Crédit photo : Daryn Bartlett via Unsplash (Oui, ce n’est pas MA clé, mais une jolie photo avec une clé FEARLESS, c’était trop parfait pour que je passe à côté.)

(Bisous à toi qui a lu jusque là <3)

 

 

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