De l’autre côté des montagnes

On commence à voir le bout des grandes vacances, et mes vacances à moi touchent à leur fin aussi.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris de vraies vacances comme ça. Ces dernières années, j’ai été invitée aux quatre coins de la France, voire de l’Europe, mais j’avais surtout besoin de poser de nouvelles racines. Bouger se faisait dans la douleur. J’évitais autant que possible.

Et puis est venu le moment où je nous ai sentis assez solides, mon fils et moi, pour partir vraiment. Pour des aventures certes balisées, mais avec plaisir. Ça nous a fait un bien fou. Mon petit garçon a retrouvé une bouille de petit garçon. Et moi, un paquet de choses dont je ne savais pas quoi faire se sont enfin mises en place dans ma tête.

KonMari a fini par avoir raison du chaos ambiant. Mieux encore, des solutions à des questions qui me turlupinaient depuis longtemps sont apparues.

Enfin, « sont apparues », ce n’est pas tout à fait exact. Ça faisait un bon moment qu’elles étaient en vue. Mais elles me semblaient tellement inatteignables que je ne les voyais pas vraiment. Un peu comme la cime des montagnes quand je vivais en Haute-Savoie : ça m’émerveillait de voir les montagnes dès que je levais la tête, mais l’idée même d’aller les voir de plus près était à hurler de rire.

Je ne suis jamais allée voir le sommet des montagnes. Le défi physique, en plus de me paraître trop compliqué, ne m’intéressait pas. Mais là, ce n’est pas la même chose. On parle d’idéaux de vie.

Je dois vous avouer un truc : pendant longtemps, la question de ce que je voulais dans la vie a été très angoissante pour moi. Elle l’est toujours un peu. Pour tout un tas de raisons. Ce qu’allaient en penser les autres, déjà. Il ne faudrait surtout pas que ça les gène. Plutôt me sacrifier. Non, il faudrait même qu’ils approuvent à 100 %. (C’te blague.) Il faudrait que ça leur soit utile avant toute chose. Mais que ça me rende heureuse, aussi. Oh, et puis surtout il faudrait que ce soit grandiose. Pas de demi-mesure.

Toute cette pression !

Pas étonnant qu’à la place, j’ai passé autant de temps scotchée à Facebook à attendre que ça se passe.

Alors, qu’est-ce qui a changé ? Vu de l’extérieur, pas grand-chose. Et à l’extérieur, rien du tout. Il y a toujours des gens qui s’inquiètent pour moi, des gens qui trouvent que je fais fausse route, que je fonce dans le mur, des gens qui me soutiennent inconditionnellement, et même des gens qui me trouvent géniale (merci, vous n’imaginez pas comme c’est important pour moi). Souvent, ils entrent dans plusieurs catégories à la fois.

Ni l’opinion des autres, ni la conjoncture, ni l’état du monde n’ont évolué.

Moi, par contre, j’ai continué à faire mon feng-shui intérieur. Et puis j’ai fait une pause, et le sable est retombé. Enfin. Et maintenant, j’y vois plus clair.

Je vois que ce qui me retenait de vivre comme j’en avais envie , avec mon fils ou toute seule, ou même qui m’empêchait de voir ce dont j’avais envie, ce n’était jamais que des croyances. Des croyances limitantes, qui m’enfermaient à l’intérieur de moi, pétrie de peur à l’idée de me cogner ou de me tromper. Complètement paralysée.

Comme le préconise Marie Kondo, j’ai jeté. Beaucoup. J’ai résisté, aussi. Beaucoup. J’ai boudé mon journal, et d’une manière bien commode, j’ai souvent oublié que je connais plein d’outils géniaux pour identifier ce qui me bloque et m’en débarrasser.

Mais une fois qu’on a vidé les placards et tout étalé par terre, on n’a plus vraiment d’autre choix que de finir ce qu’on a commencé, pas vrai ?

C’est toujours plus facile de conseiller les autres que de se conseiller soi-même. Je suis contente d’avoir, pour une fois, suivi mes propres conseils et persévéré même quand c’était dur.

Parce qu’au bout du compte, ce que je voyais comme de hautes montagnes dont je ne discernais pas la cime, ce n’était que des buttes. Tout au plus des petites collines. Mais vues à travers le prisme de mes croyances limitantes, c’était l’Himalaya.

Quand les choses changent dans notre vie, à notre initiative et plus encore quand on subit le changement, tout fait peur. Ça va vite, sur une route sinueuse, avec peu de visibilité, direction l’inconnu. Au secours Maman ! Forcément, c’est terrifiant. Mais bien souvent, ce qui fait le plus peur vient de l’intérieur de nous. Tout un tas de règles et de conventions passées avec nous-mêmes, ou la croyance que si on ne fait pas « comme ça », tout va s’écrouler.

En fait, tout cela nous encombre plus qu’autre chose. À bien y regarder, en avons-nous vraiment besoin ?

Au pire, si on fait les choses autrement, si on sort des sentiers battus et rebattus, qu’est-ce qui va se passer ?

Probablement rien d’insurmontable.

Et vous, qu’est-ce qui vous coince aujourd’hui ? Savez-vous comment le dépasser et changer les histoires que vous vous racontez ?

 

Crédit photo : Rohit Tandon via Unsplash

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