Sauter dans le vide

L’idée de sauter dans le vide m’obsède en ce moment.

Ou se jeter à l’eau, si vous préférez.

Allez, je vous trouve le compromis : plonger dans l’eau du haut d’une falaise. (La piscine, c’est chiant.)

Vous la sentez, cette sensation, juste avant de sauter ? Cette anticipation ? Le corps tendu, déjà prêt à agir. Le ventre noué. Les mains moites. Le souffle court. Et malgré tout, l’excitation de faire un truc complètement fou. On ne vous ferait reculer pour rien au monde.

C’est sans doute un des moments les plus difficiles de la vie. Et des plus grisants. Cette seconde juste avant de s’élancer.

Jusqu’au moment où on n’y tient plus. Ou alors, on se dit que de toute façon, on ne sera jamais plus prêt qu’on ne l’est déjà.

Tous les muscles de notre corps se bandent. Nos pieds quittent le sol, et on s’envole. Pendant un bref instant, on vole.

Et puis l’élastique, ou le parachute nous ramène vers le haut. Ou bien on pénètre dans l’eau, et chacune de nos cellules est tellement en alerte, tellement vivante qu’elle enregistre chacune des milliards de petites bulles d’air qui glissent sur notre corps.

Ce rush d’adrénaline. On devient une sorte de super-humain. Tous nos sens décuplés. Vivant comme jamais.

Tu m’étonnes que pour certains, ça devienne une drogue.

Bon, moi, je suis frileuse. Et plutôt une aventurière de canapé. (Hiiii, ayé, enfin un vrai canapé !) Pas besoin de faire de la chute libre pour de vrai quand je le vis déjà si bien dans ma tête. Même si ça arrivera sans doute un jour.

Dans cette lente métamorphose qui est la mienne, j’ai l’impression d’être constamment immobile. Assise sur mon canapé, ténébreuse, le poids du monde sur mes épaules, à réfléchir au sens de la vie. Que je n’ai pas trouvé, d’ailleurs, même si je glane des réponses qui me conviennent au fil de mon chemin.

Et dans le même temps, j’ai l’impression de passer mon temps à sauter dans le vide.

C’est sans doute comme ça quand son monde et tous ses repères volent en éclats. On reconstruit tout en repoussant sans cesse ses limites. C’est épuisant, frustrant, et parfois gratifiant.

Si je m’écoutais, là, tout de suite, j’irais juste me terrer dans ma tanière. Je me cacherais, et je vous écrirais dans un mois. À la rentrée. À la Toussaint. En janvier. Jamais.

Parce que là, je suis au bord de la falaise. Et c’est haut. Et il y a du vent. Et l’eau a l’air froide. Et peut-être qu’il me faudrait plus de matériel. Et d’entraînement, aussi. Elle est comment, la météo ? Et les planètes, elles sont alignées ? Hum, le petit déj, j’ai bien fait de le prendre ? Je ferais mieux d’attendre d’avoir digéré, non ? Ouais, mais après, ce sera l’heure du déjeuner. Après manger, alors ? Oh, où est-ce que j’ai mis mes clés ? Et Facebook, il en dit quoi ?

Que des foutaises, quoi. Reculer pour ne pas sauter.

Sauf que je sais que de toute façon, je ne serai jamais plus prête que ça, quoi que ces connasses de petites voix dans ma tête essaient de me faire croire.

Elles sont sympas, hein. Je sais qu’elles font ça pour me protéger, parce que le grand monde de l’inconnu, ça fout les jetons. On ne sait jamais, des fois qu’il y aurait un horrible monstre marin là-dessous.

Et si tout allait mal ? Est-ce que tu pourrais te relever une fois encore ?

Oui, mais, et si au contraire, tout allait bien ? Si au lieu d’imaginer le pire, j’imaginais le meilleur ?

Alors, je laisse mes muscles se bander, je prends une grande inspiration, et mes pieds quittent le sol.

Pour vous dire que je ne fais pas que raconter des histoires, assise dans mon canapé. Ou capter les histoires que je me raconte, pour le pire et pour le meilleur. Parce que celles qui sont pour le pire, je sais comment les changer.

Je saute dans le vide pour vous dire que les fois où je me présente encore comme traductrice, c’est par flemme et/ou par peur. Du bon gros bullshit, dans tous les cas.

Parce que ce que je fais, en vrai, c’est raconter des histoires, et aider les gens à changer les histoires qu’ils se racontent.

Et si vous êtes curieux, si vous voulez savoir comment ça se passe et réserver une séance, c’est par ici.

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